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Bulletin Quotidien Europe N° 9251
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/liban

L'UE concrétise ses engagements au Sud-Liban

Bruxelles, 25/08/2006 (Agence Europe) - Obtenant des garanties sur les responsabilités et l'organisation de la force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), les Etats membres de l'UE ont clarifié vendredi leurs intentions. Le Secrétaire général Kofi Annan a su convaincre les ministres des Affaires étrangères des 25, lors de leur réunion extraordinaire à Bruxelles, et obtenir de leur part des engagements précis sur leurs contributions à la Finul renforcée. Informés des nouvelles règles d'engagement de la Finul, qui entrent dans le cadre du mandat adopté par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1701, plusieurs Etats membres ont présenté les chiffres des contingents militaires qu'ils mettraient à la disposition de la force internationale. Cette conférence est « un succès », s'est félicité devant la presse M. Annan, soulignant que « plus de la moitié des forces qui seront déployées ont été engagées » vendredi, ce qui permettra de « mettre sur pied une force crédible ». La persévérance italienne et l'annonce la veille, par le Président Chirac de l'envoi de renforts français, auront aussi contribué à débloquer la situation et à favoriser une large mobilisation des pays européens, qui constitueront la « colonne vertébrale » de la force, a déclaré le Français Philippe Douste-Blazy, lors d'une conférence de presse séparée. Les pays européens devraient ainsi fournir « entre 5.600 et 6.900 hommes » à la Finul, en plus des effectifs actuels de la Finul, a déclaré le Président du Conseil Erkki Tuomioja. La Malaisie, l'Indonésie et le Bengladesh ont aussi fait part de leur disponibilité, a indiqué M. Annan, qui poursuit ses consultations avec la Turquie. « Je pense que nous devrions commencer le déploiement dans les jours à venir plutôt que dans les semaines à venir », a espéré M. Annan, qui a évoqué un déploiement en trois phases, avec 3.000 à 4.000 hommes dans les jours à venir.

Lors de la réunion, M. Annan a assuré aux ministres que le désarmement ne sera pas du ressort de la Finul, mais a dit que les casques bleus risquent néanmoins de se trouver engagés dans des actions militaires et doivent y être préparés, notamment si des combattants tentent de résister par la violence à leur demande, ou à celle de l'armée libanaise, de désarmer. Les nouvelles règles d'engagement prennent en compte les aspects terrestres, aériens et maritimes de la mission et autorisent la Finul à prendre toutes les actions nécessaires pour s'assurer qu'aucune activité hostile n'a lieu dans la zone qu'elle couvre. Les questions sur les règles d'engagement « ont reçu des réponses satisfaisantes », estime M. Tuomioja. M. Annan a aussi levé les incertitudes sur les détails du commandement de la Finul. A sa demande, la France continuera d'assurer le commandement de la Finul jusqu'en février 2007, lorsqu'expirera le mandat du général français Alain Pellegrini, à la tête de la force actuelle. L'Italie sera ensuite chargée du commandement opérationnel sur le terrain. M. Annan a aussi indiqué qu'il souhaitait nommer d'ores et déjà un général italien aux commandes d'une cellule stratégique afin de fournir, depuis les bureaux new-yorkais de l'ONU, des orientations militaires à la Finul renforcée. M. Annan se rendra au Liban, en Israël, dans les territoires palestiniens et d'autres pays de la région.

Du point de vue humanitaire, le Conseil souligne dans ses conclusions l'urgence de la levée du blocus aérien et maritime imposé par Israël, mais insiste aussi pour que dans le même temps des mesures soient prises afin d'empêcher un approvisionnement en armes du Hezbollah via la frontière libano-syrienne. En outre, une conférence internationale des pays donateurs aura lieu le 31 août à Stockholm.

Voici les principales contributions annoncées ou confirmées par les Etats membres lors de la réunion: l'Italie a confirmé sa volonté d'envoyer jusqu'à 3.000 hommes au Sud-Liban et la France s'est engagée à mobiliser 1.600 hommes de plus au Liban, portant à 2.000 le nombre de soldats français. Le premier bataillon français d'infanterie pourrait débarquer dans les prochaines semaines, suivi d'un autre. L'Espagne est prête à dépêcher sur le terrain entre 1000 et 1200 hommes, tandis que la Pologne, qui compte déjà 214 militaires au sein de la Finul, souhaite porter ce nombre à 500. La Belgique a promis un contingent initial de 302 hommes, qui atteindra progressivement 394 hommes, chargé d'apporter son soutien dans trois domaines (déminage, aide médicale et reconstruction). Le Luxembourg enverra une équipe de déminage au sein du contingent belge. La Finlande a évoqué le chiffre de 250 hommes. Le Royaume-Uni, qui ne peut pas envoyer de forces terrestres, envisage de contribuer au soutien des équipes spécialisées en envoyant deux avions de reconnaissance « Awacs », 6 hélicoptères Jaguar et une frégate de reconnaissance. L'Allemagne, la Grèce et le Danemark s'engagent à envoyer des navires de surveillance. Les Pays-Bas et l'Estonie n'enverront pas de soldats. D'autres pays se sont montrés enclins à participer, comme le Portugal, la Hongrie, la Slovaquie, ou encore la Bulgarie, mais n'ont pas encore annoncé de chiffres. Chypre offrirait ses infrastructures militaires (ports et aéroports). La Finul compte actuellement 700 soldats européens (400 français, 214 polonais, 5 irlandais, 52 italiens) sur un contingent de 2000 hommes.

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