Bruxelles 04/08/2006 (Agence Europe) - Fraîchement indépendant, le Monténégro a encore du chemin à parcourir pour satisfaire aux normes internationales et européennes, notamment en matière de lutte contre la corruption. Dans un communiqué, Transparency International dénonce le rejet d'un nouveau projet de loi sur les conflits d'intérêt par le Parlement monténégrin, le 31 juillet. La législation actuellement en vigueur comporte « de sérieuses lacunes », note l'organisation, en signalant: « les fonctionnaires publics peuvent faire partie de plusieurs conseils d'administration de grandes entreprises et être payés pour cela ». « Une réglementation sévère contre le conflit d'intérêt est une nécessité absolue pour tout pays souhaitant adhérer à l'Union européenne », rappelle le directeur régional de l'organisation pour l'Europe et l'Asie centrale Miklos Marschall. A cause des élections parlementaires prévues en septembre, il n'y aura pas de discussions sur les conflits d'intérêt avant novembre, regrette Transparency. En 2004, une enquête menée par une organisation non gouvernementale basée au Monténégro, NGO MAN, avait révélé que les quatre vice-premiers ministres et six autres ministres du gouvernement monténégrin détenaient des postes dans les conseils d'administration d'une vingtaine de sociétés. Ils ont tous démissionné depuis. « Si le Monténégro veut être pris au sérieux par l'UE, son parlement doit cesser de contourner une réforme judiciaire de l'enrichissement personnel », avertit M. Marschall.