Bruxelles, 04/08/2006 (Agence Europe) - Le ministre espagnol des Affaires étrangères Angel Miguel Moratinos a déclaré, après son entretien avec le Président Assad jeudi à Damas, que les autorités syriennes « désirent faire partie de la solution, et pas du problème » du conflit au Liban. Selon El País du 4 août, l'ancien Représentant spécial d l'UE pour le Moyen-Orient a précisé que la Syrie s'est engagée à « exercer toute son influence » sur le Hezbollah, tout en insistant, en échange, sur la nécessité d'une « paix globale » dans la région (qui, pour Damas, signifie le retour du Golan, occupé par Israël depuis 1967).
Dans un entretien au Financial Times Deutschland du 4 août, Avi Primor, ancien ambassadeur en Allemagne (et ancien Représentant auprès de l'UE), a estimé pour sa part: « Nous avons beaucoup à offrir aux Syriens, et les Syriens ont beaucoup à nous offrir. Le prix s'appelle le plateau du Golan ».
Alors que M.Moratinos visitait Beyrouth et Damas, le ministre allemand des Affaires étrangères Franck-Walter Steinmeier s'est entretenu au téléphone avec son homologue syrien Am Muallim. La Frankfurter Allgemeine Zeitung du 4 août signale que, lors du Conseil extraordinaire de l'UE consacré le 1er août au conflit au Liban (voir EUROPE n° 9244), M. Steinmeier avait demandé à l'Union européenne d'offrir à la Syrie, en échange de sa coopération en faveur de la paix et de la stabilisation dans la région, des moyens de renforcer son économie - ce qui serait notamment possible grâce à une percée concernant l'accord d'association négocié depuis longtemps entre l'UE et Damas (le député européen David Hammerstein, vert espagnol, vient de faire une suggestion analogue: voir EUROPE n° 9245). En revanche, la France ne semble guère disposée au dialogue avec la Syrie: ainsi, Le Figaro du 4 août rappelle que le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a répété que « il ne nous paraît pas actuellement souhaitable de nous déplacer en Syrie ou de nous entretenir avec les autorités syriennes » (alors qu'en début de semaine il avait rencontré son homologue iranien à l'ambassade iranienne de Beyrouth: NDLR).
Dans une interview au Monde du 4 août, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a ainsi répondu à la question de savoir s'il faut parler à la Syrie: « Tout le monde sait qu'Israël n'a aucune intention d'entrer en confrontation violente avec la Syrie. J'espère que les Syriens vont se comporter de façon responsable, et voir les avantages qu'il y a à cela. Ils n'en ont pas encore fourni la preuve ». Quant à la possibilité que des soldats allemands fassent partie d'une future force internationale de stabilisation au Liban, M.Olmer a dit à la Süddeutsche Zeitung: « J'ai fait savoir à la chancelière Angela Merkel que nous n'avons absolument aucun problème avec des soldats allemands au Sud Liban . (…) Il n'y a actuellement aucun pays qui se comporte vis-à-vis d'Israël d'une manière plus amicale que l'Allemagne ».