Bruxelles, 23/06/2006 (Agence Europe) - Le Comité des Régions (CdR) a reçu mardi le commissaire Jan Figel (éducation, formation, culture et multilinguisme) ainsi que des associations locales, afin de discuter de « la politique européenne en matière d'éducation et de culture: sa contribution à la réussite de la stratégie de Lisbonne - le rôle des régions et des villes ». Il s'agissait de la 4e rencontre thématique de dialogue structuré organisée à la demande du président de la Commission européenne José Manuel Barroso en novembre dernier. Le vice-président du CdR, Jean-Luc Van den Brande, a estimé dans son introduction qu'investir dans la culture n'est pas une fin en soi mais contribue à la prospérité économique voulue par les objectifs de Lisbonne grâce à une meilleure compatibilité des moyens de chacun et un meilleur usage du capital humain. Le commissaire Figel a rappelé pour sa part: « A Hampton Court, on a défini six domaines stratégiques pour l'avenir de l'UE, essentiels à tous les niveaux: la recherche et le développement, le secteur énergétique, les universités, la démographie, l'immigration (illégale) et la sécurité. Pour la première fois, on a évoqué lors d'un Sommet le potentiel universitaire et comment il peut améliorer la société ». M. Figel suggère d'approfondir l'effort de coopération en matière d'éducation. Un domaine qui relève de la subsidiarité mais qu'il s'agit de traiter dans la plus étroite collaboration avec, au premier plan, un dialogue entre les institutions régionales et locales. Il rejoint M. Van den Brande quant à l'importance d'investir dans l'éducation et la formation pour espérer une croissance économique et sociale: « les pays prêts à investir le plus (dans l'éducation) sont ceux qui réalisent les meilleurs résultats économiques et sociaux », a-t-il relevé.
Dans le panel « Formation tout au long de la vie », K. Johansson (Association européenne des autorités régionales et locales pour l'apprentissage tout au long de la vie) a mis l'accent sur l'importance de favoriser l'esprit d'entreprise et sur le rôle fondamental que joue l'apprentissage tout au long de la vie dans cet objectif. La maire de Forli, N. Masini (National Association of Italian Municipalities) a évoqué les défis particuliers auxquels les autorités locales sont confrontées en Italie (amélioration de la garde des enfants, lutte contre le décrochage scolaire, implication des adultes dans les programmes d'apprentissage tout au long de la vie, rénovation en profondeur des infrastructures scolaires) tout en soulignant l'intérêt d'organiser des programmes de jumelage entre villes européennes pour les classes « afin de développer une identité européenne commune parmi la nouvelle génération ». R. Dutkiewicz (Union of Polish Metropolitan Cities), maire de Wroclaw, a axé son intervention sur l'Institut européen de technologie, une proposition de la Commission entièrement soutenue par la Pologne, et annoncé la mise sur pied d'un programme intitulé « IET Plus », un projet dont l'objectif est d'accélérer le développement de Wroclaw afin d'en faire un « pôle de savoir qui compte ». Il s'agit d'une « initiative citoyenne » qui contribuera à la relance des objectifs de Lisbonne, a-t-il précisé. H. Jensen (Local Government Denmark) déplore pour sa part que de nombreuses ressources restent encore inexploitées chez les jeunes du fait d'un manque de formation. Or, celle-ci est un « élément clé du bon fonctionnement d'une société de la connaissance ». Estimant que les collectivités locales ne peuvent s'acquitter seules de la formation des jeunes, la coopération et un transfert des bonnes pratiques seront essentiels pour relever le défi, a-t-il expliqué. L. Abel (Association of Danish Regions) a mis en exergue l'importance de construire un système éducatif qui entre en adéquation avec le monde du travail: « Il s'agirait d'un processus « win-win »: les établissements d'enseignement élaborent et dispensent des formations et des cours qui sont en harmonie avec les besoins des entreprises ; en même temps, les stratégies et les plans d'action donnent aux établissements d'enseignement des orientations sûres ». Dans le panel « Culture, Jeunesse et Citoyenneté », A. Sakkers (Eurocities), maire d'Eindhoven, a prôné la mise en place de programmes intégrés dans les villes de manière à promouvoir la qualité de vie des citoyens. Pour L. Van Nistelrooij (Association of European Border Regions) « si l'on veut concurrencer les autres pays, il faut d'abord collaborer entre Etats membres ». Une collaboration qui n'est actuellement pas suffisante, a-t-il estimé. E. Sedig (Assembly of European Regions) estime que ce serait une « erreur » de « zapper la culture et l'éducation » au profit d'une seule approche économique: « les racines du succès européen se trouvent dans le potentiel de ses citoyens qui doivent pouvoir développer leurs talents dans un système éducatif efficace et moderne basé sur l'apprentissage tout au long de la vie », a-t-il souligné. Enfin, J. Bombin (Arco Latino) a mis l'accent sur l'importance à accorder aux jeunes dans la stratégie de Lisbonne, compte tenu de leur capacité d'innovation et d'initiative, de leur mobilité et de leur aptitude à une intégration multiculturelle. Pour lui, les politiques culturelles sont essentielles en termes de « marketing » territorial (promotion touristique des régions européennes) mais également pour un renforcement de l'identité européenne construite à partir d'identités multiples: « sans une identité positive, la cohésion sociale est insuffisante et le développement impossible », a-t-il dit.