Bruxelles, 23/06/2006 (Agence Europe) - Dans un entretien au Wall Street Journal publié vendredi, le commissaire au Commerce Peter Mandelson se dit favorable à ce que le commerce de l'énergie et les investissements dans ce secteur soient un jour soumis aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). « Cela rendrait obligatoire la libéralisation de l'accès aux infrastructures de transport pétrolier et gazier des pays producteurs », souligne M. Mandelson. La suggestion vise en particulier la Russie, critiquée par ses partenaires du G-8 pour son attitude visant à protéger le monopole de son gazier Gazprom sur l'accès à ses oléoducs et gazoducs alors que les négociations pour son adhésion à l'OMC entrent dans la dernière ligne droite. « Ce projet prendrait toutefois des années à voir le jour », reconnaît néanmoins le commissaire au Commerce, le cycle de négociations actuel, entamé en 2001 à Doha, n'étant pas encore bouclé. Conscient que les pays producteurs autres que la Russie pourraient s'opposer à un tel projet et trouver contraire à leurs intérêts le fait d'ouvrir leurs réseaux de distribution (la question de l'accès aux infrastructures de transport gazier est particulièrement sensible dans certains pays de l'ex-URSS), M. Mandelson estime toutefois que c'est dans le cadre de l'OMC qu'une telle négociation serait la plus pertinente et aurait les meilleures chances de garantir des « changements structurels » dans un domaine que les Etats considèrent essentiel. Le Wall Street Journal note par ailleurs que certains pays membres de l'OMC avaient déjà demandé une extension des négociations de Doha aux services énergétiques dans le secteur du pétrole et du gaz, voire aux produits eux-mêmes.