Le Caire-Bruxelles, 08/05/2006 (Agence Europe) - L'Egypte et la Commission européenne signeront « sous peu » un Plan d'action dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PEV), signale l'agence de presse officielle égyptienne MENA citant le porte-parole du gouvernement égyptien. L'annonce a été faite en marge de la visite au Caire, durant le week-end dernier, de Benita Ferrero Waldner, Commissaire européenne en charge des relations extérieures, qui a été reçue par le Président Moubarak, le chef du gouvernement et plusieurs ministres. Selon des sources égyptiennes, cette signature interviendrait à la mi-juin à Bruxelles. L'Egypte et l'UE ont signé un accord d'association, entré en vigueur le 25 juin 2001, et l'Egypte a reçu, durant la période MEDA I (1996-99), un total de 686 millions euros et sous MEDA II (2000-2006) 193.7 millions euro. Le porte-parole égyptien a estimé que la signature de ce Plan d'action donnera une impulsion aux relations égypto-européennes et au commerce, car il ouvrira de nouveaux domaines de coopération entre les deux parties et permettra à l'Egypte d'augmenter ses exportations agricoles vers le marché européen. Au Caire on rappelle que l'UE est, pour l'Egypte, un partenaire commercial important qui absorbe près de 43% de ses exportations. L'UE compte aussi pour 60% dans les investissements directs étrangers (IDE) en Egypte. L'UE est en outre un important fournisseur d'aide au développement pour l'Egypte, souligne le ministre égyptien de l'Industrie et du Commerce extérieur.
Pour sa part, la Commissaire européenne avait déclaré peu avant son départ pour Le Caire, que « le plan d'action de la politique de voisinage, qui sera bientôt mis en œuvre, rassemblera l'UE et l'Égypte dans un partenariat plus étroit et plus global », sur une « base commune ». A la Commission, où l'on « se réjouit de l'achèvement rapide des consultations concernant le Plan d'action », on précise que quelques questions restent cependant en suspens, sans d'autres précisions. Mme Ferrero devait également rencontrer des membres de la société civile, en particulier ceux opérant dans le domaine de la défense des droits de l'homme. Une rencontre avec le Conseil national des droits de l'homme était prévue, pour une discussion sur le processus de réforme politique et judiciaire dans un pays où un débat vif est engagé sur le rôle des magistrats et les contraintes subies durant l'exercice de leur fonction. La situation politique dans le pays est également marquée par l'émergence, lors des récentes élections législatives, d'une forte représentation de courants intégristes au sein du parlement. La Commissaire devait également célébrer les vertus de la compréhension culturelle, lors d'une visite à Alexandrie, à la Fondation euroméditerranéenne Anna Lindh,.
Au cours d'un entretien avec la presse locale, Mme Ferrero a essentiellement évoqué le dossier de l'aide aux Palestiniens. Elle a affirmé, samedi au Caire, qu'un mécanisme était en cours de discussion pour reprendre l'aide aux Palestiniens, bloquée depuis l'entrée en fonction du cabinet palestinien issu du Hamas en mars dernier. « Nous sommes en train d'étudier la mise en place d'un mécanisme international pour pouvoir envoyer de l'aide aux Palestiniens », a dit la responsable européenne à la presse, après un entretien avec le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit. Cette question « devrait être abordée au cours de la réunion du Quartette » (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Onu), mardi à New York, a-t-elle précisé. Cette réunion doit permettre d'évoquer la dangereuse impasse dans laquelle se trouve le conflit israélo-palestinien, ont indiqué vendredi dernier des responsables de l'ONU. Bruxelles a déjà proposé que l'Union européenne, les Etats-Unis, la Russie et les Nations unies s'unissent pour créer un fonds d'aide aux Palestiniens, qui serait géré par les membres du Quartette, qui a élaboré la "feuille de route", le plan de paix pour le Proche-Orient. La formule permettrait d'éviter tout contact direct avec le gouvernement formé par le Hamas.