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Bulletin Quotidien Europe N° 9181
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/avenir de l'europe

PE et société civile débattent de l'avenir de l'UE

Bruxelles, 27/04/2006 (Agence Europe) - À l'invitation de la commission des affaires constitutionnelles du PE, dix-neuf représentants d'organisations issues de la société civile ont débattu de l'avenir de l'Europe les 24 et 25 avril à Bruxelles. De nombreuses organisations perçoivent la période de réflexion plutôt comme une période de silence, dix mois après le lancement de la réflexion sur l'avenir de l'Europe suite aux refus français et néerlandais de ratifier le traité constitutionnel. La plupart d'entre elles montrent leur attachement au projet européen ainsi qu'aux avancées contenues dans la Constitution, certaines indiquant les changements de contenu et de forme qu'elles estiment nécessaires. « La période de réflexion est plutôt une période de silence quant à la discussion avec les citoyens », constate Henrik Kröner du Mouvement européen international (EMI). Nous avons « l'impression d'un ennui généralisé et d'une attente de prochaines élections au lieu d'un effort véritable pour unir les citoyens », déplore Patrick De Bucquois pour Caritas-Europe. « Dans la pause de réflexion, on a mis surtout l'accent sur la pause », ironise Simon Stocker, directeur d'Eurostep.

Quel doit être l'objectif de l'intégration européenne ? L'UE doit être le lieu d'une « économie sociale de marché prospère », estime Henrik Kröner, pour qui une réflexion s'impose sur « l'avenir du modèle social européen face à la mondialisation ». Le représentant de la plate-forme de l'éducation et de la société civile regrette que « l'Europe » soit « exclusivement focalisée sur le domaine économique » et réclame « un statut de l'association européenne ». « La principale politique au niveau de l'UE, c'est la libéralisation à tout crin », déplore Marc Gruber pour la Fédération européenne des journalistes (EFJ), en évoquant un niveau de concentration « très élevé » dans le secteur des médias. Au nom du Forum européen des arts et de l'héritage (EFAH), Ilona Kish veut « plus qu'un marché commun fait de consommateurs anonymes ». Pour M. Pavlovic, de la Conférence des églises européennes, « l'UE comme marché, c'est trop limité ». Le représentant de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne prône « un cadre européen pour encadrer les risques de la mondialisation ». « Il faut conférer aux services d'intérêt général la place qui leur revient », plaide Georges Liénard de la Fédération humaniste européenne. L'organisation Friends of the Earth déplore que la santé humaine fasse les frais d'une « politique économique effrénée ». L'UE ne doit pas être seulement « une agence d'ouverture sur la mondialisation, mais aussi un instrument de développement d'une voie proprement européenne », estime Bruno Boissière du Centre international de formation européenne (CIFE) présidé par Jean-Claude Juncker. Nicolas Beger, du Réseau pour la démocratie et les droits de l'homme, évoque un « problème de crédibilité » entre les objectifs de l'UE en matière de droits de l'homme et les violations parfois perpétrées sur son territoire. Il faut préserver l'UE en tant que « diversité de cultures » et « mosaïque de territoires », déclare le représentant de l'organisation de défense de la ruralité. « Réapprenez-nous à rêver ! », lance Jean-Claude Gonon de l'Association européenne des enseignants (AEDE).

À part l'organisation citoyenne ATTAC et l'Alliance européenne des mouvements critiques envers l'UE (TEAM), les organisations regrettent plutôt l'absence de Constitution. Plusieurs déplorent l'impossibilité d'appliquer la Charte européenne des droits fondamentaux. Le Forum permanent de la société civile présente une feuille de route pour sortir de la crise (EUROPE n° 9180), et « Démocratie internationale » sa campagne pour l'initiative citoyenne européenne fondée sur le droit de pétition contenu dans la Constitution (voir EUROPE n°9164).

Le libéral britannique Andrew Duff préconise de « confirmer le consensus » obtenu avec la Constitution, constatant que la grande majorité des organisations présentes ne demandent « pas » la « renégociation des parties I et II ». Et d'ajouter à propos de la partie III: « Nous ne pouvons pas la retirer, elle fait partie intégrante de la Constitution. Les parties I et II sont incompréhensibles sans référence à la partie III ». Il a néanmoins accepté l'idée d'établir une « hiérarchie » entre les parties, idée que ne partage pas le Vert autrichien Johannes Voggenhuber: « Ce n'est pas aussi simple que ça de découpler ». Selon le travailliste britannique Richard Corbett, il y a d'autres pistes à explorer, telles « les protocoles additionnels ajoutés aux traités ». Selon lui, « pour l'instant, il faut préserver toutes les options ». « Très prudente », Sylvia-Yvonne Kaufmann (GUE/NGL, allemande) ne souhaite « pas déficeler le paquet »: « On ne sait pas si une nouvelle Convention engendrera de meilleurs résultats, voire maintiendra celui qui a été obtenu ». Pour le socialiste espagnol Carlos Carnero González, il serait « bon de faire une consultation paneuropéenne ». Une consultation populaire aurait des « conséquences politiques » mais ne devrait pas être contraignante, estime Johannes Voggenhuber. Richard Corbett considère l'idée d'un « référendum européen » plutôt « simpliste »: « c'est très sympathique en théorie, mais l'UE n'a pas le pouvoir de le faire ». Le social-démocrate allemand Jo Leinen explique qu'une telle initiative serait obligatoirement « non contraignante ».

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