Bruxelles, 27/01/2006 (Agence Europe) - La sous-commission défense et sécurité du Parlement européen a lancé jeudi une attaque en règle contre le Président Chirac pour ses propos sur la possibilité de frappes nucléaires ciblées de la part de la France (EUROPE n° 9115), lors d'un échange de vues avec l'ambassadeur autrichien auprès du Comité politique et de sécurité de l'UE, Franz-Josef Kuglitsch. Le socialiste français Michel Rocard s'est inscrit en « désaccord total avec ces propos » en s'interrogeant sur leur compatibilité avec une stratégie européenne de lutte contre terrorisme fondée sur la coopération entre les Etats membres de l'UE. Pour la socialiste portugaise Ana Maria Gomes et le libéral britannique Andrew Duff, la déclaration du président Chirac est incompatible avec la stratégie de sécurité européenne. « Peut-on attribuer ces propos à la santé du président » français ?, a lancé Mme Gomes en jugeant « incroyable que le Conseil (de l'UE) laisse passer cela ». Le vert espagnol Raul Romeva et libéral polonais Janusz Onyszkiewicz ont replacé ces propos dans le contexte des tentatives de l'UE-3 de convaincre l'Iran à ne pas reprendre son programme nucléaire, et M. Onyszkiewicz s'est demandé si « la déclaration de M. Chirac ne va pas compliquer » ces efforts diplomatiques.