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Bulletin Quotidien Europe N° 9101
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

Moscou interrompt ses fournitures de gaz à l'Ukraine -Temporairement affectée par l'arrêt des livraisons, l'Union est préoccupée - Andris Piebalgs convoque une réunion du Groupe de coordination sur le gaz

Bruxelles, 03/01/2005 (Agence Europe) - Après l'échec des discussions de la semaine dernière entre Kiev et Moscou pour trouver un accord tarifaire sur le gaz exporté par la Russie (un différend oppose depuis plusieurs semaines Kiev au géant gazier russe Gazprom qui veut quadrupler le prix du gaz russe destiné aux Ukrainiens pour l'établir au prix pratiqué sur le marché mondial: voir EUROPE n° 9100), la Russie a mis dimanche dernier ses menaces à exécution et interrompu sa fourniture de gaz à destination de l'Ukraine. « Face à cette situation, nous avons été contraints de lancer l'opération de baisse de pression dans le système de gazoducs de l'Ukraine », a déclaré dimanche le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov, avant de préciser toutefois que, « concernant le volume exporté, la formule est simple. C'est l'Europe moins l'Ukraine ». Faute de pouvoir réellement « couper » le gaz à destination de l'Ukraine, Gazprom a en effet décidé de ne laisser passer dans les gazoducs que les flux destinés au seul transit vers l'Union européenne. Les uns après les autres, les pays européens ont ressenti dès dimanche une baisse de leur approvisionnement en gaz naturel russe. La Pologne, la Hongrie et l'Autriche puis toute l'Europe centrale ont été les premiers à connaître, dimanche, rapidement une forte baisse des volumes qui a ensuite touché l'ensemble des pays de l'Union. Toutefois, les acheteurs européens de Gazprom ont annoncé mardi matin qu'ils commençaient à recevoir le plein approvisionnement en gaz après l'augmentation, lundi, des livraisons du gazier russe via l'Ukraine en réaction aux protestations qui ont suivi la suspension de fourniture de gaz russe mise à exécution dimanche. Mardi midi, l'Autriche, l'Allemagne, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne ont annoncé un retour pratiquement à la normale de leur approvisionnement.

A la tête du Conseil de l'Union depuis le 1er janvier dernier, l'Autriche a aussitôt salué le retour aux livraisons normales de gaz russe. « La démarche de Gazprom va dans la bonne direction et a contribué à une détente de la situation », s'est félicité dans un communiqué la ministre des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, avant de poursuivre: « Nous attendons maintenant de la Russie et de l'Ukraine qu'elles reprennent leurs négociations afin de parvenir à l'avenir à une solution négociée et durable ». Mme Plassnik a toutefois regretté les « mesures unilatérales » prises par Gazprom: « sur un continent où les questions énergétiques sont étroitement imbriquées, des mesures unilatérales ayant des implications graves sur la sûreté des approvisionnements de la région et des Etats de l'Union devraient appartenir au passé », a-t-elle estimé. Le Commissaire européen à l'Energie, Andris Piebalgs, a affirmé, pour sa part, qu'il resterait « très inquiet » tant que le conflit russo-ukrainien sur le gaz ne serait pas réglé, mais qu'il était « confiant concernant le fait que l'approvisionnement dans l'Union sera suffisant ». « Les discussions vont reprendre aujourd'hui entre Gazprom et Naftogaz, c'est encourageant pour l'approvisionnement en gaz et parce que les négociations continuent », s'est néanmoins réjoui le Commissaire. Une délégation de la compagnie gazière ukrainienne Naftogaz devait en effet rencontrer ce mardi les dirigeants de Gazprom à Moscou. D'autre part, M. Piebalgs a convoqué une réunion exceptionnelle du Groupe de coordination sur le gaz composé des experts des ministères de l'Energie des Etats membres et de représentants de l'industrie énergétique qui se retrouveront mercredi à Bruxelles.

Un peu plus tard, par la voix de son porte-parole, Johannes Laitenberger, la Commission a également appelé l'Ukraine et la Russie à reprendre les négociations. « La meilleure solution possible serait évidemment que les parties résolvent leur conflit elles-mêmes. Mais rien n'est décidé, rien n'est exclu en matière d'action possible », a estimé M. Laitenberger. Dans ce contexte, M. Laitenberger a par ailleurs mis l'accent sur la nécessité d'une approche commune renforcée de l'Union en matière énergétique. Dans ce cadre, il a souligné l'opportunité du mandat donné par les Etats membres à la Commission lors du Sommet d'Hampton Court en octobre dernier pour étudier cette question. Actuellement élaboré par les services de la Commission, un Livre vert sur une approche énergétique commune devrait être présenté aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union au Sommet européen de printemps. M. Laitenberger a par ailleurs refusé de commenter les propos de Gazprom accusant Kiev de « prélever illégalement » du gaz russe. Selon Ria Novosti, dans une lettre adressée au chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, Moscou a demandé officiellement mardi matin à l'Union de faire pression sur l'Ukraine pour qu'elle assure le transit du gaz russe vers les acheteurs européens et s'abstienne d'en « prélever illégalement ». Répondant à une lettre adressée samedi dernier à Kiev et Moscou par les ministres de l'Energie allemand, autrichien, français et italien qui demandaient que les approvisionnements à destination des Etats membres soient « pleinement maintenus, que l'Ukraine et la Russie parviennent ou non à un accord », les autorités russes ont assuré que Moscou était prête à remplir tous ses engagements en la matière. Elles ont toutefois averti qu'une « menace réelle » de réduction des livraisons de gaz russe à l'Europe apparaîtrait si l'Ukraine continuait à procéder à des « prélèvements non autorisés » (que Kiev a aussitôt démentis).

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