Bruxelles, 24/08/2005 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté le 20 juillet dernier une communication du Commissaire Jan Figel, responsable de l'éducation et de la culture, faisant le point sur la stratégie de traduction depuis l'introduction de neuf nouvelles langues officielles avec l'élargissement de l'UE à dix nouveaux Etats membres, le 1er mai 2004. Le document montre que le recrutement doit être poursuivi « activement » afin d'atteindre l'objectif de 540 traducteurs internes permanents pour les neuf nouvelles langues, que l'objectif en matière de rythme de travail s'est révélé trop ambitieux et que le manque de personnel d'encadrement intermédiaire et de personnel d'appui pour les unités de traduction des nouvelles langues « est devenu un problème majeur ».
Selon la communication de mai 2004 définissant une stratégie pour équilibrer l'offre et la demande en matière de traduction (EUROPE n°8713), l'objectif consiste à recruter, avant le 1er janvier 2005, 451 traducteurs dans les neuf nouvelles langues de l'UE et 546 avant juillet 2006. Au 1er janvier 2005, le nombre de traducteurs en postes pour les nouvelles langues était de 296 au total. Après de nouveaux recrutements, la Commission disposait de 429 traducteurs au 1er juin 2005. L'objectif des 451 traducteurs devrait être atteint d'ici à septembre 2005, ce qui signifie « un retard considérable » par rapport aux objectifs fixés en mai 2004. « Une situation qui a eu des effets sur l'écart entre l'offre et la demande au début de l'année 2005 », note la Commission.
Conséquence du retard dans le recrutement: l'objectif fixé en matière de rythme de travail pour les nouvelles recrues se révèle irréalisable (augmentation de 4,5 pages traduites par traducteur et par jour à 5,5 pages en 2005 et 6 pages en 2006). La Commission suggère d'en rester à un rythme de travail de 4,5 pages par jours et de tout mettre en œuvre « afin d'augmenter ce rythme ensuite ».
La communication explique aussi que des enseignements doivent être tirés en prévision de l'arrivée prochaine de nouvelles langues officielles. L'irlandais est devenu la 21ème langue officielle de l'UE en vertu de la décision du Conseil du 14 juin et il en résulte que le nombre possible de combinaisons linguistiques sera porté à 420. Un minimum de 13 postes est nécessaire pour la traduction des textes en irlandais et le gouvernement irlandais s'est engagé à fournir le personnel qualifié requis. En outre, les ressources nécessaires doivent être disponibles avant 2007 pour le roumain et le bulgare.
Concernant les enseignements à tirer de la gestion de la demande, la Commission est consciente que sa stratégie en matière de traduction a eu un effet indirect sur les langues non procédurales de l'UE à 15, comme l'italien, l'espagnol ou encore le portugais (les langues procédurales sont l'anglais, le français et l'allemand). La Commission a donc procédé à une réaffectation interne majeure de postes vacants. Pour la période 2004-2006, la Commission a prévu le redéploiement de 193 postes. D'autres mesures, comme le détachement de traducteurs de l'UE-15 dans d'autres directions générales, seront prises pour « soutenir la politique de multilinguisme » qui sera présentée à l'automne, dans une nouvelle communication de la Commission. Le Commissaire Figel doit informer régulièrement le collège des Commissaires sur l'état d'avancement de la stratégie en matière de traduction.