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Bulletin Quotidien Europe N° 9002
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/iran/nucleaire

Téhéran opte pour l'épreuve de force avec l'Europe

Bruxelles, 08/01/2005 (Agence Europe) - Alors que l'UE-3 (Allemagne, France et Royaume-Uni) doit remettre son paquet de « propositions concrètes » de coopération technologique, commerciale et politique peu après la prise de fonction du nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad le 3 août prochain, le dossier nucléaire iranien a pris dimanche une tournure préoccupante. Après avoir soufflé le chaud et le froid pendant plus d'une semaine en multipliant les déclarations contradictoires, le 31 juillet Téhéran a brutalement lancé un ultimatum à Berlin, Londres et Paris, en exigeant de recevoir dans l'après-midi même le paquet de propositions de l'UE-3 sous peine de relancer dès lundi ses activités ultrasensibles de conversion d'uranium, premier pas vers l'enrichissement du métal lourd susceptible de déboucher sur la construction d'une bombe atomique. L'ultimatum iranien a pris de court les chancelleries européennes: officieusement, les Européens avaient fixé au 7 août la remise de leur paquet de propositions et prévoyaient que le Comité de pilotage des négociations composé des directeurs politiques des Affaires étrangères se réunisse le 30 août prochain à Paris avant une rencontre ministérielle à New York en septembre, en marge de l'assemblée générale des Nations unies. Ce scénario a désormais peu de chances de se réaliser. Berlin, Londres et Paris ont toutefois répondu dimanche soir qu'ils ne céderaient pas à cet ultimatum.

Selon des diplomates à Vienne, Téhéran aurait remis lundi matin une lettre à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) affirmant que les scellés posés à l'usine d'Ispahan seraient enlevés le jour même et que les activités de conversion d'uranium reprendraient dès lundi soir sous contrôle de l'AIEA. Le porte parole du Conseil suprême iranien de sécurité nationale, Ali Agha Mohammadi, a toutefois précisé à la télévision d'Etat que l'Iran était prêt à reporter la reprise de ses activités de conversion l'Union européenne acceptait de négocier au sujet du droit revendiqué par Téhéran de maîtriser le cycle de combustion nucléaire et l'enrichissement d'uranium. « Nous avons souligné auprès de Javier Solana (le représentant de l'UE pour la PESC) que si l'UE-3 voulait un report jusqu'à dimanche (…) elle devra alors retirer sa lettre adressée au secrétaire général de l'AIEA disant que les Européens ne négocieront pas avec l'Iran au sujet de l'enrichissement », a-t-il assuré. Plus tard dans la matinée de lundi, le ministère iranien des Affaires étrangères affirmait que Téhéran n'accorderait qu'une journée supplémentaire à l'UE pour présenter ses propositions.

Dimanche, Londres a mis en garde Téhéran contre cette initiative « inutile et préjudiciable » qui contreviendrait à l'accord de Paris de novembre dernier. Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste Blazy, a pour sa part déploré « une forme de pression inacceptable » alors que l'UE-3 prépare une « offre généreuse » avec des « propositions reconnaissant les droits de l'Iran en vertu du TNP et la possibilité de développer un programme nucléaire sûr, économiquement viable et non proliférant » et « un pacte de non-agression offrant à l'Iran des garanties sur son intégrité et sa souveraineté nationale ». La Commission européenne a pour sa part indiqué espérer « une solution négociée » et a rappelé que toute reprise des activités de conversion représenterait une rupture de l'accord de Paris et compromettrait les discussions commerciales avec l'Iran qui sont partie intégrante du paquet de propositions européennes.

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