Bruxelles, 01/08/2005 (Agence Europe) - La Turquie a signé vendredi soir le fameux protocole qui étend son accord d'union douanière avec l'Union européenne aux dix nouveaux Etats membres de l'UE dont Chypre. Cette signature était la dernière condition pour le lancement des négociations d'adhésion le 3 octobre, mais pour savoir si elle est complètement remplie, il faudra attendre que l'Union se prononce officiellement sur la déclaration relative à Chypre que la Turquie a ajoutée lorsqu'elle a renvoyé à la Présidence britannique le protocole signé.
Cette déclaration spécifie que « la signature, la ratification et la mise en œuvre de ce protocole ne signifient en rien une reconnaissance de la République de Chypre mentionnée dans ce protocole ». Contrairement au reste de la communauté internationale, la Turquie continue à reconnaître la République auto-proclamée du nord de Chypre et à ne reconnaître au gouvernement chypriote grec que l'autorité sur le sud de l'île. Sa déclaration appelle à réunification de l'île en un Etat divisé en deux régions, précise un communiqué de gouvernement turc.
Par ailleurs, la Turquie estime que cet accord ne l'oblige pas à ouvrir ses ports ou son espace aérien aux navires et avions chypriotes, indique un diplomate turc. C'est un des points qui risquent d'être les plus discutés, lors de l'examen de la déclaration unilatérale turque et de ses implications par la Commission européenne et les Etats membres. Pour la Turquie, le transport par bateau est un service, et n'entre donc pas dans le cadre de l'accord d'union douanière, limité aux marchandises. Pour la Commission, au contraire, un arrêt de la Cour européenne de justice stipule que les moyens permettant de transporter les marchandises, et donc d'assurer leur libre-circulation, doivent bénéficier de la liberté de circulation, indique un porte-parole. C'est une des principales exigences de Chypre et de la Grèce.
Lors d'une première réunion du Coreper avancée au 25 août, les Etats membres vont examiner cette déclaration, a indiqué la Présidence, pour préparer la rencontre informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE les 1er et 2 septembre au Royaume-Uni. En septembre, les 25 doivent aussi adopter le cadre pour les négociations d'adhésion.
Le Commissaire européen à l'élargissement, Olli Rehn, s'est félicité samedi dans un communiqué de la signature du protocole, une « avancée bienvenue ». La signature « devrait ouvrir la voie aux négociations d'adhésion », dit-il en employant le conditionnel. Selon lui, à première vue la déclaration turque « ne remet pas en question l'engagement de la Turquie de mettre en oeuvre le protocole ». La Présidence britannique a aussi salué dans un communiqué cette signature, en rappelant que la République de Chypre est membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004 et que l'Union européenne « ne reconnaît que la République de Chypre ».