Bruxelles, 25/07/2005 (Agence Europe) - A la mi juillet, la Commission européenne a publié la liste des quatorze projets présélectionnés en vue de l'attribution du Prix Descartes 2005. Une palette de travaux scientifiques et de découvertes qui permet de mieux comprendre ce à quoi sert la recherche. Seulement 14 projets ont été retenus à ce stade sur 85 candidats. Ces quatorze projets rassemblent 76 équipes travaillant dans 22 pays. Ils concourent pour l'attribution d'un prix de 1,15 million d'euros qui sera remis aux gagnants le 2 décembre prochain à Londres. Ces projets concernent:
? la santé humaine: (1) dans le cadre de CANCERGENES, les professeurs britannique Ian Tomlinson (London Research Institute) et finlandais Lauri Antti Aaltonen (Helsingin yliopisto) ont travaillé sur l'identification des gènes de prédisposition au cancer. Ce projet a notamment permis d'identifier un gène qui semble témoigner d'une prédisposition au cancer colorectal. Des gènes de prédisposition du cancer des cellules rénales et de la léiomyomatose (une tumeur rare bénigne des tissus musculaires lisses) ont également pu être identifiés. Des progrès ont été enregistrés dans la connaissance des phénomènes énergétiques qui interviennent lors de la tumorigenèse ; (2) coordonné par le professeur français Alain Fischer (INSERM), EURO-PID réunit des équipes française, britannique, italienne et suédoise et a permis de décrire plus de vingt anomalies moléculaires dans le domaine particulier des immunodéficiences primaires, un groupe de maladies génétiques rares du système immunitaire. Ces travaux ont permis de faire progresser les connaissances encore très sommaires que l'on a du fonctionnement des familles de lymphocytes T, B et NK ; (3) dans ce monde très complexe de la biologie moléculaire, le professeur suédois Jan-Ake Gustafsson (Karolinska Institutet) a travaillé avec des équipes de France, Norvège, Finlande et Singapour sur le projet PATHFINDER qui avait pour but de décrire le rôle des récepteurs nucléaires dans la santé humaine et leurs réactions face aux polluants chimiques diffusés à partir de l'alimentation ; (4) dans le cadre de PITCID, le professeur Matthias P. Wymann de l'Université de Bâle a travaillé avec des chercheurs allemands, italiens, britanniques, suisses et espagnols sur la phosphoinositide-3-kinase (PI3-kinase) comme cible pour le traitement des maladies inflammatoires chroniques. Des essais ont prouvé l'efficacité de cette méthode thérapeutique sur la polyarthrite rhumatoïde et le lupus. L'allergie chronique et l'asthme sont aussi concernés.
? l'environnement: (1) dans le cadre de CECA, le professeur norvégien Ola M. Johannessen (NERSC) a travaillé avec des partenaires russes et allemands sur le système climatique arctique et son influence sur l'Europe ;
? la physique: (1) le professeur Costas Soukoulis (Foundation for Research and Technology, Heraklion) a coordonné le projet EXEL. Avec des partenaires turc, britannique, allemand et américain, il a mis au point une nouvelle classe de métamatériaux artificiels appelés matériaux gauchers ou matériaux à indice de réfraction négatif, possédant des propriétés assez surprenantes. Leurs capacités spécifiques en matière de diffusion du rayonnement électromagnétique permet d'imaginer des applications dans le secteur des communications mobiles ; (2) coordonné par le professeur Stavros Katsanevas (CNRS), HESS est un important projet dans le domaine de l'astrophysique qui réunit des équipes française, allemande, britannique, irlandaise, tchèque et sud-africaine. Il s'agit d'utiliser des rayons gamma pour explorer l'univers. Il a notamment permis de réaliser les premières images au moyen de rayons gamma ; (3) le professeur britannique Andrew Lyne (JBO, University of Manchester) a coordonné PULSE, un projet de recherche sur les pulsars (étoiles à neutrons en rotation rapide) sur lequel ont aussi travaillé des chercheurs italiens, allemands, néerlandais et grecs. Ils ont réalisé des essais de précision des théories de la gravité et découvert près de 800 pulsars, doublant ainsi le nombre découvert dans le monde entier en 30 ans avant cette collaboration, indique un communiqué de la Commission qui précise qu'ils ont aussi été les premiers à découvrir un pulsar double ; (4) le Français Patrick De Kepper (CNRS) et le Belge Pierre Borckmans (ULB) ont réalisé la première démonstration expérimentale de la conjecture de Turing qui tendrait à prouver qu'elle est réellement à l'œuvre dans les systèmes naturels. Proposé en 1952 par le mathématicien britannique Alan Turing, cette hypothèse porte sur un mécanisme de structuration par réaction-diffusion en chimie et en biologie.
? l'ingénierie: (1) le professeur Antonio Pizzi (ENSTIB, Nancy) a travaillé avec des équipes suisse, italienne, française, japonaise sur un projet qui a permis la mise au point d'adhésifs au tannin naturel pour les matériaux composites en bois. Extraits des déchets d'écorces de bois, ces adhésifs non toxiques présentent la même rapidité d'action que des produits similaires. Ils peuvent être employés dans le secteur des panneaux de bois qui consomme plus de trois millions de tonnes d'adhésifs synthétiques par an ; (2) avec HIDEMAR, coordonné par l'Italien Dino Fioriani (CNR) des chercheurs grecs, français, italiens, autrichiens et liechtensteinois ont travaillé sur la nanolithographie et l'auto-assemblage chimique écologique de nanoparticules en vue de la réalisation de nouveaux produits destinés au stockage de l'information.
? les sciences de l'information: le projet GRAB dirigé par l'Espagnole Teresa Gutierrez (Fundación Labein, Derio) avait pour but de donner accès à des personnes aveugles à l'infographie à l'aide d'un environnement haptique (la création d'un environnement sensoriel favorisant la perception du monde tridimensionnel). Des équipes italienne, britannique et irlandaises ont participé à ce projet.
? les sciences socio-économiques: (1) la série d'enquêtes ESS (European Social Survey) a été conduite par le professeur britannique Roger Jowell (City University London) en collaboration avec des chercheurs allemand, néerlandais, belge, norvégien et français. Un communiqué de la Commission indique que « grâce à l'ESS, l'Europe possède, pour la première fois, une source de données sûre concernant ses valeurs sociales changeantes » ; (2) dans le cadre du projet IDEE, le professeur français Robert Franck (CNRS) a travaillé avec l'Allemand Hartmut Kaelble (Université Humboldt, Berlin) sur les liens entre identité nationale, identité européenne et le processus de démocratisation en Europe.