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Bulletin Quotidien Europe N° 8980
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/conseil energie

Dialogue énergétique avec les pays tiers - Des divergences internes retardent la signature du Traité instituant la Communauté de l'énergie de l'Europe du Sud-Est dont la Turquie s'est retirée

Luxembourg, 28/06/05 (Agence Europe) - Après avoir entendu le Commissaire à l'énergie Andris Piebalgs présenter le Livre vert sur l'efficacité énergétique (EUROPE n°8975) qui a été largement soutenu par les Ministres, le Conseil Energie, réuni à Luxembourg le 28 juin, a abordé plusieurs points essentiels sur la coopération et le dialogue énergétique que mène l'Union avec les pays tiers.

La Présidence luxembourgeoise et la Commission ont informé le Conseil sur la première réunion UE-OPEP le 9 juin dernier (EUROPE n° 8965). Le Conseil a notamment souligné « le rôle déterminant que peut jouer le dialogue UE-OPEP dans la sécurité d'approvisionnement et dans la transparence et la prévisibilité du marché » et, dans le contexte actuel des prix du pétrole qui ne cessent de grimper et des efforts menés par l'Europe pour renforcer sa compétitivité, il s'est dit attaché à intensifier ce dialogue. « L'UE a demandé aux pays de l'OPEP s'ils étaient capables et s'ils avaient la volonté ferme d'être à la hauteur de la demande. Le 15 juin dernier, ils ont décidé d'augmenter leurs capacités qui devraient atteindre 33,5 millions de barils à la fin de l'année. Espérons que ce niveau sera suffisant », a souligné le ministre luxembourgeois de l'Economie et président en exercice du Conseil, Jeannot Krecké, lors de la conférence de presse finale. Le Conseil a également discuté des problèmes de qualité des produits disponibles sur le marché qui ne coïncident pas toujours avec les capacités technologiques des raffineries existantes, d'où « la nécessité d'un upgrading des capacités de raffinage », a souligné M. Krecké.

La Présidence et la Commission ont par ailleurs informé le Conseil sur les récents développements du dialogue énergétique UE-Russie depuis que le Sommet du 10 mai à Moscou a adopté la feuille de route pour l'espace économique commun (EUROPE n° 8944) qui comprend un volet énergie et infrastructures. Le Conseil a ensuite entendu un rapport de la délégation polonaise sur la coopération énergétique régionale dans la mer Baltique (BASREC).

M. Piebalgs a aussi informé le Conseil sur l'état des négociations avec les pays de l'Europe du Sud-Est (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Roumanie, Serbie, Turquie et MINUK/Kosovo) en vue d'établir un marché intégré de l'énergie dans cette région. Le Commissaire a notamment indiqué que, alors que les Vingt-cinq sont parvenus à un accord sur le principe en décembre dernier (EUROPE n° 8887), des divergences internes dans l'UE retardent la signature du traité instituant la Communauté de l'énergie de l'Europe du Sud-Est (CEESE). « Il n'y a pas de désaccord sur les objectifs politiques mais le diable est dans les détails », a précisé M. Piebalgs à la presse, ajoutant: « nous devons trouver le juste équilibre entre les intérêts des pays de la CEESE et les Etats membres de l'UE frontaliers avec ces pays ». Ces pays frontaliers veulent ainsi « jouer un rôle plus spécifique (…), mais c'est impossible car l'Union doit agir en tant qu'entité unique », a expliqué M. Piebalgs. La Commission, qui négocie au nom de l'UE, espérait pour juillet la signature du traité CEESE par les ministres européens de l'Energie, mais M. Piebalgs estime désormais qu'une signature en octobre prochain serait « plus réaliste ». Le Commissaire a aussi regretté la récente décision de la Turquie de se retirer de la CEESE pour des raisons de politique interne (Ankara souhaite se concentrer sur les négociations pour son adhésion à l'UE). « Nous avons essayé de garder la Turquie à bord jusqu'au dernier moment », a asuré M. Piebalgs, convaincu qu'aucun des autres pays ne devrait quitter la CEESE. Rappelons que la CEESE offrira aux pays de l'Europe du Sud-Est des mécanismes régionaux plus efficaces et des mesures d'assistance mutuelle, et qu'elle les aidera à combattre « la pauvreté énergétique » en garantissant à l'ensemble de leurs populations un approvisionnement en électricité à un prix abordable. Du point de vue communautaire, la CEESE permettra d'établir des interconnexions énergétiques entre les 25 Etats membres et les pays de l'Europe du Sud-Est et avec le Moyen-Orient et la région caspienne. Elle devrait en outre mettre un terme à l'isolement de la Grèce en matière énergétique et mettre en place une plate-forme de diversification des sources communautaires d'approvisionnement. M. Piebalgs a précisé qu'il avait l'intention d'envoyer dès juillet une proposition recommandant au Conseil l'approbation du traité (pour entrer en vigueur, le traité doit être approuvé à l'unanimité par le Conseil).

Par ailleurs, à l'initiative de M. Krecké, les ministres ont, au cours du déjeuner, abordé la problématique des industries grandes consommatrices d'énergie et les difficultés de rencontrer la compagnie d'acier luxembourgeoise Arcelor et des usines d'aluminium allemandes (dont trois sur cinq pourraient fermer leurs portes d'ici la fin de l'année, notamment à cause des prix élevés de l'énergie). « La politique ne peut pas être absente lorsque, à tort ou à raison, des firmes annoncent la possible clôture de leurs activités pour se délocaliser probablement vers d'autres cieux », a expliqué M. Krecké pour justifier son initiative.

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