Bruxelles, 11/03/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a finalement rejeté, cette semaine par 288 voix contre (en grande partie du groupe PPE-DE), 262 pour et 73 abstentions, le rapport d'initiative quelque peu amendé d'Ilda Figueiredo (GUE/NGL, Portugal) sur « la situation sociale dans l'UE ». Encore une fois, un vote qui a vu un affrontement entre la gauche et la droite du Parlement. Dans son rapport, Mme Figueiredo insistait notamment sur la nécessité d'accorder la priorité aux problèmes du chômage, de la pauvreté et de l'exclusion sociale et de la lutte contre les discriminations, et d'examiner la directive sur les services sous l'angle des conséquences prévisibles pour le marché du travail et la qualité des services.
Au cours du débat, Jacek Protasiewicz (PPE-DE, polonais) a surtout mis en garde contre toute bureaucratie excessive qui entrave les entreprises. Françoise Castex (PSE, française) a insisté pour sa part sur un partage des richesses qui encourage la solidarité, et non la concurrence, entre régions pauvres et riches. Félicitant Mme Figueiredo, Sepp Kusstatscher (Verts/ALE, italien) a estimé que l'on ne peut pas rester sans réagir lorsqu'on constate qu'un citoyen sur sept est menacé de pauvreté dans une Europe riche. La justice sociale est la meilleure façon de lutter contre les inégalités, a-t-il dit. Soutenant « totalement » le rapport Figueiredo, Gabriele Zimmer (GUE/NGL, allemande) a attiré l'attention sur la situation des enfants, qui sont particulièrement exposés à la pauvreté. S'appuyant sur des chiffres de l'Unicef, Mme Zimmer a indiqué que le nombre d'enfants pauvres avait augmenté à 1,5 million en Allemagne. L'Irlandais Brian Crowley, co-président du groupe UEN, a estimé lui aussi que, lorsqu'on parle d'Europe sociale, on a la responsabilité d'aider les plus vulnérables. En même temps, il plaide contre tout carcan fiscal excessif et pour l'investissement dans la formation tout au long de la vie.