Luxembourg, 31/01/2005 (Agence Europe) - Le secrétaire général d'Interpol, Ronald K.Noble, a demandé vendredi dernier, à l'occasion du Conseil Justice et affaires intérieures, de l'aide et de l'argent pour la création d'une base logistique d'identification des victimes du tsunami qui a frappé l'Asie du Sud. Les Etats membres n'ont rien décidé concrètement et vont d'abord étudier la situation sur place, a indiqué le président du Conseil JAI Luc Frieden. M. Noble a demandé 2 millions d'euros, a précisé M. Frieden tout en précisant que l'aide éventuellement accordée dépendra de ce qui sera fait. Interpol veut collecter puis comparer des données ADN ante-mortem des personnes disparues avec les données ADN des corps retrouvés sur place - une question pose beaucoup de problèmes juridiques. Seuls les Pays-Bas ont clairement indiqué vendredi être d'accord pour une telle base de données commune et pour une contribution financière à Interpol, indique-t-on de source européenne. "Nous resterons insatisfaits tant que toutes les victimes n'auront pas été identifiées", a déclaré M.Frieden, qui n'a pas pu donner une évaluation du nombre de victimes européennes. "Nous n'avons pas discuté de chiffres", a-t-il précisé. Le Commissaire Franco Frattini a indiqué pour sa part que la Commission est en train de discuter sur les financements à apporter.
Voici les autres thèmes évoqués par le Conseil JAI (voir aussi EUROPE du 29 janvier, pp.8 et 9).
Echanges d'informations: "Sans échange d'informations, nous pouvons oublier l'espace européen", pour la police comme pour la justice, a affirmé Luc Frieden, qui va proposer une liste de domaines pour lesquels les Etats membres pourraient échanger leurs informations via des bases de données. M. Frieden a donné l'exemple d'une base de données du Benelux sur les plaques d'immatriculation des véhicules volés. "Il n'y a pas d'unanimité sur l'interconnexion entre toutes les bases nationales, a fortiori pas pour les bases européennes", a-t-il reconnu. Le Commissaire Frattini s'est dit "tout à fait d'accord" avec l'approche de la présidence. Alors que la Commission européenne a annoncé de longue date une proposition dans ce domaine, Franco Frattini a précisé qu'il attend que le Conseil donne des orientations plus précises sur ce qu'il envisage.
Sécurité intérieure. Les Etats membres ont discuté vendredi de la création du comité de sécurité intérieure, prévue par la Constitution européenne. Il s'agissait d'une toute première discussion, et on est encore dans le flou sur le rôle que jouera ce comité. La plupart des Etats membres souhaitent qu'il joue un rôle semi-stratégique, semi-législatif. La plupart des Etats membres estiment que ce comité "ne deviendra pas un organe opérationnel pur", a indiqué M.Frieden en précisant: "il sera plutôt stratégique, pour conseiller le Conseil et exécuter certaines tâches que le Conseil lui donnera". La Présidence voudrait clôturer les discussions sur cette question en avril.
Europol: Le Commissaire Frattini souhaite un accord "très rapide" sur la nomination du directeur d'Europol. « On parle beaucoup d'Europol, on parle de le renforcer », et traîner ainsi sur la nomination du directeur "ne donne pas une très bonne impression", a-t-il souligné en conférence de presse. Les Etats membres doivent choisir entre le Français Leclair, l'Italien Marotta, l'Allemand Ratzel et l'Espagnol Simancas (EUROPE du 25 janvier).