Bruxelles, 31/01/2005 (Agence Europe) - Un mois après le désastre du tsunami qui a dévasté l'Asie, les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont fait le point lundi sur ce qui pourrait être envisagé pour améliorer à l'avenir la réponse de l'UE à de telles catastrophes. Le plan d'action qu'ils ont adopté consigne par écrit les options esquissées lors du Conseil extraordinaire du 7 janvier, et prend en compte les propositions de la Commission, présentées par Manuel Barroso.
Ce plan d'action « destiné à encadrer l'ensemble des initiatives à prendre par l'UE et ses Etats membres » a été entériné « à la lumière des premières leçons » tirées du désastre, souligne dans ses conclusions le Conseil, qui se réserve de revenir sur le dossier, avec les ministres du Développement, les 25 et 26 avril. Le principal but du plan d'action est de mieux coordonner les moyens disponibles pour faire face efficacement aux conséquences de tels événements, aujourd'hui et à l'avenir. Il fait le point sur les actions à court terme dans les régions dévastées, en particulier sur la mobilisation des moyens budgétaires et financiers (1,5 milliard d'euros) et le renforcement de l'action en cours sur le terrain (aide humanitaire et moyens militaires), ainsi que sur les efforts de reconstruction à moyen terme (besoins dans les infrastructures, la pêche et le tourisme, mesures d'accompagnement pour la santé, mesures d'appui commercial, dialogue politique UE/Asie).
Le plan trace aussi les contours des actions possibles face à ce type de catastrophes, qu'elles se produisent à l'intérieur ou à l'extérieur de l'UE. Le renforcement des capacités de réaction de l'UE est abordé sous de multiples angles: - amélioration des instruments existants (analyse et évaluation des besoins, coordination des contributions des Etats membres, réponse collective de l'UE pour les opérations menées par une autre organisation, coordination et direction d'une opération autonome de l'UE, scénarios en fonction des situation, interopérabilité des moyens, y compris interopérabilité civilo-militaire, programmes d'exercices conjoints, etc.) ; - la mise en place éventuelle de nouvelles structures (comme une Agence de protection civile - idée qui se heurte notamment aux réticences du Royaume-Uni et des Pays-Bas) ; - développement d'une capacité de réponse rapide de l'UE: le Conseil se propose d'examiner notamment sa portée, la coordination, voire la mise en commun de certains moyens par les Etats membres, les relations avec le mécanisme communautaire de protection civile et avec Echo, les structures de coordination à mettre en place dans les régions affectées. Le plan d'action prévoit aussi que le Conseil réfléchisse au rôle que pourraient jouer certains projets comme la création d'un « corps volontaire européen d'aide humanitaire », et invite la Commission à faire des propositions pour renforcer les mesures de prévention et d'alerte précoce aux catastrophes pour l'Océan Indien, la Méditerranée et l'Atlantique.
La Commission a pris lundi une quatrième décision sur une aide aux victimes du tsunami en Asie: 80 millions d'euros (qui portent le total de son aide à 130 millions d'euros) destinés à environ cinq millions de personnes en Indonésie, au Sri Lanka, en Thaïlande, aux Maldives et en Inde. Il s'agit de: 56,5 millions pour un secours et réhabilitation à court terme, 15 pour la coordination et la distribution, 2 pour l'évaluation et le renforcement des systèmes d'alerte rapide et de prévention des catastrophes. Le Commissaire à l'aide humanitaire, Louis Michel, commente: « L'Union a été le premier donateur à prendre un engagement financier ferme le jour même de la catastrophe, et elle continuera à apporter son aide bien après le départ des caméras de télévision ».