Bruxelles, 05/11/2004 (Agence Europe) - Pendant qu'au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, les diplomates allemands, anglais et français retrouvaient leurs homologues iraniens pour reprendre leurs négociations sur la question du nucléaire en Iran, la Présidence néerlandaise, dans les conclusions du Conseil européen, adressait vendredi un message positif à Téhéran. Dans ses conclusions, elle souligne notamment que "les négociations relatives à un accord commercial et de coopération" avec l'Iran seraient reprises dès qu'on aura pu "s'assurer de la suspension des activités iraniennes d'enrichissement d'uranium".
Le Conseil européen indique "qu'il s'emploiera à ouvrir la voie à une relation de coopération durable avec l'Iran sur le long terme", couvrant notamment les dimensions politique, commerciale et technique. Il souligne "l'importance qu'il attache à l'instauration d'un rapport de confiance quant à la nature pacifique" et à la "transparence" du programme nucléaire de l'Iran. En même temps, il réaffirme sa volonté que l'Iran s'en tienne "à une suspension totale et durable de toutes les activités d'enrichissement et de retraitement d'uranium, décidée volontairement". Une telle suspension "ouvrirait la voie à des discussions relatives à une coopération à long terme mutuellement avantageuse", affirment les 25.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot, a rappelé devant la presse que l'UE exigeait de l'Iran qu'elle "s'en tienne à une suspension pleine et entière de son programme d'enrichissement d'uranium". "Toutes les autres questions couvrant les dimensions politique et commerciale ne seront abordées que lorsque les Iraniens auront répondu à nos propositions", a-t-il insisté. "Nous attendons la réponse de Téhéran avec impatience", a ajouté le Président du Conseil. M. Bot a évoqué la politique de "la carotte et du bâton" suivie par l'UE pour convaincre l'Iran de cesser ses activités liées à l'enrichissement d'uranium. "La carotte, c'est la reprise de l'accord commercial (…), le bâton, c'est le Conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il expliqué à la presse.
Interrogé sur l'éventualité d'un recours à la force pour contraindre Téhéran à se plier aux exigences occidentales, M. Bot a estimé que des frappes militaires américaines contre Téhéran seraient "contre-productives" et qu'il serait par conséquent "plus utile de poursuivre le dialogue et de convaincre les Iraniens qu'il existe d'autres moyens d'avoir un programme nucléaire". "Bien entendu, nous ne pouvons pas attendre indéfiniment", a reconnu M. Bot, ajoutant toutefois que l'UE disposait "d'indications claires" selon lesquelles l'Iran désire progresser dans ses pourparlers avec l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. En répondant à la même question, le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a estimé une action militaire américaine contre l'Iran "inconcevable".