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Bulletin Quotidien Europe N° 8805
JOURNEE POLITIQUE / (eu) conseil de l'europe

L'Assemblée réclame des mesures pour empêcher le « vote familial »

Strasbourg, 12/10/2004 (Agence Europe) - En adoptant le rapport de l'Irlandais Paschal Mooney (Fianna Fail) sur la participation des femmes aux élections, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe recommande aux 46 Etats membres de l'organisation paneuropéenne de prendre les mesures nécessaires pour assurer enfin une meilleure participation des femmes aux élections et une meilleure représentation des femmes dans les différentes fonctions électives. L'Assemblée demande en particulier que des mesures soient prises contre le « vote familial » qui empêche les femmes d'exprimer librement leur suffrage. L'Assemblée n'y va pas de main morte puisqu'elle recommande de sanctionner le personnel du bureau de vote qui tolérerait ce genre de pratique et d'invaliditer le scrutin pour le bureau de vote en question.

Présent dans de nombreux pays d'Europe centrale et orientale, le vote familial se traduit généralement par le fait qu'un homme de la famille accompagne une ou plusieurs femmes dans l'isoloir. Il peut aussi consister en un vote par procuration lorsqu'un homme vote à la place de son épouse ou de plusieurs membres de sa famille dont il collecte les bulletins de vote. Des cas ont été signalés en Hongrie, Pologne, Slovaquie, Lituanie, Lettonie, Estonie, Bulgarie, Roumanie, Croatie, Albanie, Bosnie-Herzégovine, ancienne République yougoslave de Macédoine, Fédération de Russie, Ukraine, Géorgie, Moldova, Arménie et Azerbaïdjan. La pratique du « vote familial » est présente dans les Etats membres dont les structures politiques démocratiques sont relativement récentes. La gravité du problème diffère d'un pays à l'autre, mais aussi d'élection en élection: le vote familial était rare en Pologne et en Bulgarie, et de peu d'importance en Hongrie ; au fil du temps, le vote familial a paru diminuer en Géorgie, mais il demeure une pratique largement répandue dans d'autres Etats de l'ex-Union Soviétique. Les explications du vote familial fournies aux observateurs du processus électoral étaient centrées sur les attitudes et les traditions locales, dans lesquelles il semblait normal que les hommes s'expriment et agissent pour les femmes dans les affaires publiques et politiques. Dans certaines régions, cette pratique a été décrite comme un phénomène post-communiste plutôt que de nature ethnique. Il ressort des rapports des observateurs, que dans la plupart des cas, le vote familial se pratiquait dans des communautés rurales. Dans de nombreux cas, le personnel chargé du déroulement du scrutin ne faisait guère d'efforts pour empêcher ces pratiques, même si celles-ci étaient contraires au droit électoral et constitutionnel.

 

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