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Bulletin Quotidien Europe N° 8784
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/euro

Les Européens ne supportent pas les pièces de un et deux centimes d'euro

Bruxelles, 13/09/2004 (Agence Europe) - Les Européens ne portent pas les pièces de un et deux centimes d'euro dans leur cœur et seraient prêts à les voir disparaître de leur porte-monnaie. Selon un sondage Eurobaromètre de décembre 2003, en Autriche, en Irlande, en Italie, aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Belgique, une majorité de citoyens estime qu'il y a trop de pièces d'euro en circulation et, dans tous les pays de la zone euro, sauf en Allemagne, ce sont les pièces de un et de deux centimes d'euro qu'ils préféreraient voir abolies. Selon une note interne récente de la Commission, qui fait le point sur les arguments et sur l'avancement des discussions dans les Etats membres qui envisagent l'élimination des petites pièces, les Pays-Bas ont évalué l'économie qui en résulterait pour les détaillants néerlandais à 30 millions d'euros par an. En Allemagne en revanche, les commerçants sont fermement opposés à leur disparition, car le débat sur la hausse des prix depuis l'introduction de la monnaie unique serait ravivé.

Comme pour les commerçants, les banques commerciales, qui répercutent souvent le prix de leur 'maniement' ('handling fee'), pourraient aussi dégager des économies, relève la note. Pour les banques centrales nationales, la production des pièces est également très coûteuse. Les coûts de production sont en effet supérieurs ou proches de leur valeur faciale, et les coûts supplémentaires de conditionnement, de transport et de maniement augmentent les coûts totaux de 3 ou 4 centimes. Les pièces de un et deux centimes sont les plus nombreuses en circulation, avec respectivement 21% et 18% du volume total des pièces, mais leur durée de vie dans le circuit fiduciaire est courte en raison de la faible réutilisation, notamment par les consommateurs à l'occasion des paiements. Pour en limiter la circulation, la Banque nationale de Belgique examine aussi en ce moment l'opportunité d'adopter le système de l'arrondi en vigueur en Finlande et prochainement aux Pays-Bas (voir EUROPE du 7 août). A ce stade, rien n'est encore décidé par le groupe d'experts chargé d'étudier la question, et selon la note de la Commission, les autorités du Royaume n'auraient plus l'intention d'arrêter entièrement la production et la diffusion de ces pièces. Le document de la Commission constate aussi que le débat sur l'arrondi ne recueille pas tous les suffrages (Allemagne). Dans les nouveaux Etats membres, qui disposent de pièces de monnaie nationale dont la valeur est inférieure à un et deux centimes d'euro, la préférence pourrait aussi aller au maintien de ces dernières. Dans un entretien publié par Le Monde, le président de la Banque de France indique qu'il est opposé à la suppression des pièces de un et deux centimes d'euro. "Les petites pièces ne sont pas d'un montant anodin, elles sont utiles, elles circulent bien et il n'y a pas de problème de pénurie", a déclaré Christian Noyer. En revanche, selon un sondage paru dimanche dans le quotidien Ouest-France, une majorité de Français (59%) serait favorable à la suppression de ces pièces.

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