Bruxelles, 13/09/2004 (Agence Europe) - Le premier débat que les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont eu lundi sur les perspectives financières 2007-2013 a été plutôt abstrait, mais il a néanmoins réconforté la Présidence néerlandaise dans son choix de préparer la décision sur le prochain budget multiannuel en suivant une "approche par blocs" (block-building approach): plutôt que de focaliser le débat sur l'enveloppe globale du budget (1% du PIB de l'UE, comme le demandent les contributeurs nets, ou 1,26% comme le propose la Commission), la Présidence souhaite en effet évaluer chacune des politiques individuelles, leurs valeurs ajoutées et - si nécessaire - le besoin de revoir leur dotation. Pour Bernard Bot, le président en exercice du Conseil, il n'y a pas de doute: l'échange de vues de lundi a démontré que les Etats membres acceptent l'approche "par blocs" comme étant une bonne base de travail. Cependant, plusieurs délégations (Espagne, Italie, Portugal, Grèce) ont insisté pour que l'on respecte le rôle de la Commission dans ce processus décisionnel important et que l'on ne traite pas ses propositions comme "des suggestions parmi d'autres", mais bien comme la base juridique de la future décision des Vingt-cinq. D'autres ont aussi mis en garde devant une "fragmentation excessive" du débat, au risque de perdre la vue d'ensemble. L'Allemagne a fait remarquer que même si la valeur ajoutée d'une politique était établie, cela ne devrait pas nécessairement dire qu'elle devra être dotée d'un budget plus important. La France a souligné que le futur budget ne devra pas mettre en cause des politiques communautaires fondamentales (parmi lesquelles Michel Barnier a notamment cité la politique régionale et de cohésion), mais le ministre français a aussi appelé à une réflexion collective sur le problème des "délocalisations sauvages" des entreprises vers les nouveaux pays membres. Plusieurs nouveaux pays membres (République tchèque, Hongrie, Pologne, Slovénie) ont demandé davantage de moyens budgétaires pour co-financer la protection des frontières extérieures de l'UE. Le débat budgétaire sera poursuivi lors du prochain Conseil "Affaires générales" en novembre.