Bruxelles, 13/09/2004 (Agence Europe) - Le Conseil "Relations extérieures" a formellement approuvé lundi sa position (dont les grandes lignes avaient déjà été convenues lors de la réunion informelle du type "Gymnich" à Valkenburg les3-4 septembre derniers) à propos de l'adhésion de la Birmanie au processus ASEM et de la prochaine tenue du Sommet de l'ASEM. Selon le texte appuyé lundi par toutes les délégations (y compris la France qui, suite à la réunion de Valkenburg, où elle n'était pas représentée par son ministre des Affaires étrangères, avait exigé certaines "clarifications" à propos d'un éventuel renforcement des sanctions), le Sommet aura bien lieu le 8 octobre à Hanoï, mais la représentation birmane à cette réunion devra être inférieure à celle d'un chef d'Etat ou de gouvernement. La situation démocratique et des droits de l'Homme en Birmanie "ne s'est pas sensiblement améliorée" et elle continue à susciter de "profondes préoccupations", lit-on dans les conclusions adoptées par le Conseil. L'UE regrette notamment que les demandes qu'elle avait formulées en avril dernier ne se soient pas concrétisées: Daw Aung San Suu Kyi reste assignée à résidence, la Ligue nationale pour la démocratie fait l'objet de harcèlements incessants et la Convention nationale n'a pas donné lieu à un débat véritablement ouvert. Par conséquent, le Conseil a décidé que, si le gouvernement birman n'a pas rempli d'ici le sommet de l'ASEM les trois demandes décrites ci-dessus, l'UE prendra le 11 octobre (prochaine réunion du Conseil "Affaires étrangères", NdlR) les mesures suivantes: - les sanctions existantes à l'encontre du régime birman seront durcies, et, parallèlement, le soutien en faveur du peuple birman sera renforcé; - en ce qui concerne le possible durcissement des sanctions, le secrétariat du Conseil a été mandaté pour préparer l'adoption des mesures suivantes: 1) élargissement de la liste des personnes interdites de visa à toute une série d'autres membres de l'armée (y compris leurs familles); 2) interdiction pour les entreprises ou organisations ayant leur siège dans l'UE de financer (par des prêts ou des investissements en capital) des entreprises publiques de Birmanie; 3) vote systématique de l'UE contre l'octroi de prêts à la Birmanie par les institutions internationales. La Commission européenne a par ailleurs été invitée lundi à présenter des propositions axées spécifiquement sur la question de l'abattage illégal des arbres en Birmanie, notamment les possibilités de réduire la déforestation en Birmanie et de diminuer les exportations de bois exotiques (teck) à partir de ce pays. Les ministres ont aussi réitéré la nécessité d'augmenter l'assistance de l'UE au peuple birman dans les domaines de la santé et de l'éducation.