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Bulletin Quotidien Europe N° 8748
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/commission

Profond désaccord entre les GUE/NGL et M. Barroso sur différents dossiers

Bruxelles, 14/07/2004 (Agence Europe) - "Nous ne sommes pas un groupe communiste. Nous sommes un groupe d'une très grande diversité avec 17 composantes politiques différentes et de 13 pays. Nous sommes le groupe de l'opposition de gauche à l'Europe telle qu'elle se fait actuellement, aussi bien en ce qui concerne le modèle libéral que les carences démocratiques. On souhaite être une force de propositions sur le plan social, environnemental, des droits à l'égalité entre les hommes et les femmes, des droits sociaux et des droits civiques. Nous voulons un rôle plus actif de l'UE dans le monde, une Union qui userait de son poids pour faire émerger une mondialisation équitable et démocratique. Nos idées ne sont pas tout à fait les mêmes que les vôtres mais nous sommes démocrates!", a déclaré le président du groupe GUE/NGL, le Français Francis Wurtz, en accueillant mardi en fin d'après-midi José Manuel Durão Barroso.

Prenant ensuite la parole, le candidat "réformateur du centre" Barroso a affirmé (outre ce qu'il avait déjà déclaré au cours de la journée devant les groupes PPE/DE et PSE, voir EUROPE du 14 juillet p. 5-7) qu'en tant que « président de l'exécutif communautaire », il essayera d'avoir avec le PE une "relation loyale et de coopération politique sans exclure un débat sincère sur ce qui nous unit et nous sépare". Et de préciser: "La Commission doit travailler main dans la main avec le PE pour créer des politiques qui aillent au-delà du plus petit dénominateur commun. Nous devons avoir un véritable dialogue politique".

Après avoir été mis sur la sellette par les députés portugais Ilda Figueiredo, Miguel Portas et Sergio Ribeiro pour la politique qu'il a menée au Portugal durant ces deux dernières années, M.Barroso a plus ou moins répondu à une salve de questions économiques, sociales et environnementales posées par les députés européens: pacte de stabilité (l'Allemande Sarah Wagenknecht), politique salariale (l'Italien Roberto Musacchio), violence domestique envers les femmes, nomination d'un Commissaire "femme" à l'Egalité des chances (la Suédoise Eva-Britt Svensson), lutte contre la pauvreté (l'Allemande Gabriele Zimmer), directive Bolkestein sur les services (l'Allemand Helmut Markov et le Néerlandais Erik Meijer), OGM (la Grecque Diamanto Manolakou). Brevet européen, lutte contre le sida, situation des immigrés, transmission de données personnelles ont fait l'objet d'interrogations des députés italien Vittorio Emanuele Agnoletto et grec Dimitris Papadimoulis. La situation au Moyen-Orient, Chypre, OTAN, Irak ont aussi été évoqués par l'Italienne Luisa Morgantini et l'Espagnol Willy Meyer.

M. Barroso a notamment précisé: 1) Pacte de stabilité: "Il faut le respecter. Il est essentiel pour l'UE d'avoir des politiques macro-économiques solides. Il faut voir comment rendre le Pacte le plus crédible possible sans le réécrire"; 2) Harmonisation fiscale: "Il n'y en a même pas au sein de nos propres pays ! Je suis pour un taux nominal plus faible payé par tous. L'Europe n'a pas la possibilité d'augmenter la charge fiscale"; 3) Pauvreté: "Je suis pour un programme volontaire de lutte contre la pauvreté"; 4) directive services: "il faut concilier deux objectifs: celui du marché intérieur (services) et celui des droits sociaux, l'universalité d'accès aux services publics et la transparence. Ceci n'exclut pas la possibilité d'une directive-cadre sur les services d'intérêt public"; 5) Droits de la femme: "Dans mon gouvernement, il y avait quatre femmes à des postes-clés: finances, justice, affaires étrangères, science et recherche. C'est mieux qu'à la Commission! Je suis un défenseur actif des femmes. Demandez à vos gouvernements de me présenter des femmes pour être Commissaires car je veux une Commission plus équilibrée entre femmes et hommes". En ce qui concerne l'interruption de grossesse (IVG), M.Barroso a déclaré: « personnellement, je ne condamnerai jamais une femme ayant recours à l'IVG parce qu'il s'agit d'une question de conscience personnelle »; 6) Immigration: « Je suis pour une politique d'accueil, généreuse, solidaire et humaine vis-à-vis des immigrants, et qui tiennent compte de leurs besoins »; 7) Moyen-Orient/Israël: "Je suis pour la position de Javier Solana sur la construction du mur par Israël et du TPI car cette construction est une violation du droit et de la propriété palestinienne"; 8) Chypre: « Mon souhait, c'est Chypre réunifiée et mon idée est d'être en contact avec tous les citoyens qui habitent l'île »; 9) OTAN: "Je suis pour une identité européenne de défense et de sécurité"; 10) Irak: « le côté positif de cette guerre, c'est qu'aujourd'hui en Irak, les gens peuvent s'exprimer tout comme le parti communiste qui était interdit ».

Concluant l'audition, Francis Wurtz a noté « le désaccord profond » de son groupe avec les idées de Barroso, essentiellement sur l'OTAN, sur le Pacte de stabilité, sur la directive Bolkestein ("nous sommes contre la conception marchande des services"), sur la guerre en Irak ("votre appréciation positive des résultats de cette guerre ne peut pas nous convenir. Il reste beaucoup à dire, comme les liens avec Al-Qaïda et le fait qu'elle a attisé le terrorisme dans le monde"). Toutefois, malgré nos désaccords, "nous souhaitons coopérer avec le président de la Commission". Enfin, le président Wurtz a demandé à M.Barroso de bien vouloir recevoir, une fois investi, les « 43 professeurs de langues de la Commission qui, malgré leur contrat à durée indéterminée, viennent d'être remerciés. Il s'agit d'un très mauvais exemple de la conception sociale de la Commission », a-t-il dit.

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