Bruxelles, 14/07/2004 (Agence Europe) - Hans-Gert Pöttering, président du PPE, a déroulé le tapis rouge en accueillant mercredi le candidat à la présidence de la Commission, José Manuel Durão Barroso. Ouvrant l'audition du candidat, il a lui a lancé une « chaleureuse bienvenue » sous les applaudissements de la salle, en espérant qu'après « le chemin semé d'embûches » qui a précédé sa désignation au Conseil, José Manuel Barroso sera investi par le Parlement européen le 22 juillet prochain. Les parlementaires ont félicité, les uns après les autres, le candidat issu de leur famille politique, en se concentrant ensuite en grande partie sur la composition de la future Commission, l'allégement de la bureaucratie ou, du côté des députés des nouveaux Etats membres, le maintien de la politique de cohésion.
En introduction, José Manuel Durão Barroso a repris les grandes lignes du discours tenu la veille et le jour même devant d'autres groupes politiques. Il a notamment plaidé pour le maintien de la méthode communautaire et la formation d'une Commission « forte » qui reflète les différentes sensibilités nationales et politiques. « Je vois la Commission comme un honnête broker » qui assure une médiation indépendante dans un système de plus en plus compliqué, a-t-il expliqué. Il a répété qu'il ne sera pas « idéologique » dans sa tâche. Toutefois, a-t-il précisé, « je compte travailler avec toutes les familles politiques mais je n'oublie pas que je suis membre de cette famille (PPE) ».
Si sa désignation est confirmée, José Manuel Durão Barroso a l'intention de demander aux Etats membres de lui adresser une liste des meilleurs candidats pour le poste de Commissaire et de composer un collège reflétant la diversité politique européenne. Il a assuré qu'il veillera à la parité entre les sexes. En revanche, il n'a pas vraiment répondu à ceux qui, comme l'Autrichien Paul Rübig ou l'Allemand Werner Langen, l'interrogeaient sur la nécessité d'un "super Commissaire" à l'économie ou d'un vice-président démocrate-chrétien.
Sur le plan économique, il s'est affirmé pour une libéralisation des marchés avec une dimension sociale, car, a-t-il répété, si le modèle social européen est remis en cause, c'est tout un volet du Traité qui est nié. « Le processus de Lisbonne est fondé sur la compétitivité, mais aussi sur les questions sociales, environnementale et de développement durable », a-t-il fait valoir.
Sollicité notamment par l'Allemand Ingo Friedrich, l'Autrichien Othmar Karas, ou le conservateur britannique John Bowis, sur ce qu'il compte faire pour "endiguer" la bureaucratie ou veiller au respect du principe de subsidiarité, le candidat a uniquement indiqué qu'il poursuivra le processus de simplification engagé par son prédécesseur. "Je ne peux donner de réponse concrète" sur la mise en œuvre du processus de Lisbonne en matière de réglementation avant d'avoir reçu le nouveau rapport de Wim Kok, a-t-il commenté.
José Manuel Durão Barroso était tout à fait en syntonie avec les élus des nouveaux Etats membres, assurant notamment qu'il défendrait les propositions de perspectives financières de la Commission Prodi. Il a confirmé au Hongrois Csaba Öry qu'à son avis il est inutile de fermer le marché du travail puisque l'expérience du Portugal a montré qu'après un court délai les Etats membres de l'UE deviennent des terres d'immigration plus que d'émigration. Ceux qui auraient souhaité un changement d'orientation en matière agricole ont reçu en revanche une fin de non-recevoir. Il sera très difficile de modifier les équilibres obtenus au sein du Conseil et de modifier les montants, a-t-il remarqué.
L'Espagnol José Ignacio Salafranca l'a interrogé avec précision sur ce qu'il compte faire pour assurer que la relation entre l'UE et les Etats-Unis soit équilibrée, notamment à propos de la peine de mort, du Protocole de Kyoto ou du Tribunal pénal international. Le candidat est resté général, répétant qu'il souhaite une relation de partenariat avec un pays qui partage les valeurs de l'Europe, mais sur une base équilibrée et réciproque.