Bruxelles, 22/06/2004 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, le 18 juin, les premiers résultats de l'initiative EPICA (European Ice Core Project in Antarctica), financée par l'UE. Des chercheurs de 10 pays européens, à savoir la Belgique, le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni ont foré la calotte glaciaire de l'Antarctique à 3 kilomètres de profondeur pour ramener à la surface une carotte de glace de 740 000 ans. Cette carotte, la plus ancienne jamais analysée, est la mémoire du climat. En effet, elle a conservé la trace des variations de température et des concentrations de gaz et de particules dans l'atmosphère. Les résultats vont alimenter des modèles informatiques utilisés pour prévoir le climat de l'avenir. Les résultats préliminaires montrent que, sans influence humaine, la «saison chaude» que nous connaissons actuellement sur Terre pourrait durer encore 15.000 ans. Cependant, étant donné que la concentration de dioxyde de carbone observée actuellement est à son niveau le plus élevé depuis 440 000 ans, la compréhension des changements climatiques survenus dans le passé permettra de prévoir les futurs changements climatiques dus aux activités humaines.
D'autres résultats obtenus dans le cadre du projet EPICA seront annoncés lors de la conférence sur le paléoclimat intitulée «Reducing the Uncertainties» qui aura lieu à Utrecht (Pays-Bas) du 6 au 10 juillet.
Les chercheurs vont continuer à forer jusqu'à la fin de l'année pour atteindre les roches qui se trouvent à la base de la calotte glaciaire. Ils devraient alors atteindre des glaces de plus de 900 000 ans.