Bruxelles, 24/03/2004 (Agence Europe) - Le Chancelier autrichien Wolfgang Schüssel estime que la Commission européenne devrait réaliser une étude d'impact sur les conséquences d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Pour M. Schüssel, qui s'exprimait mardi à Vienne à l'ouverture des journées d'études du groupe PPE-DE du Parlement européen, une telle étude est indispensable "si on veut prendre une décision sérieuse" sur l'éventuelle ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie en décembre prochain.
Après avoir insisté sur la nécessité "d'aller de l'avant" dans les négociations d'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'UE et "d'encourager" la demande d'adhésion de la Croatie, le Chancelier s'est exprimé avec nettement plus de prudence sur la Turquie. Afin de "vérifier les différentes options qui s'offrent à nous", la Commission doit analyser les conséquences d'une éventuelle adhésion de la Turquie dans tous les domaines (économique, social, politique étrangère et de sécurité, etc.), a expliqué M. Schüssel. Il propose donc que le groupe du PPE-PE au Parlement européen demande à la Commission de réaliser cette étude d'impact (qui serait justifiée par la taille de la Turquie, indique-t-on au PPE-DE) afin de présenter "plusieurs options" pour définir les relations futures entre l'UE et la Turquie. Le PPE-DE a évoqué à plusieurs reprises un partenariat renforcé entre l'UE et la Turquie, mais cette dernière l'a toujours refusé (la dernière fois à l'occasion de la visite à Ankara d'Angela Merkel, présidente de la CDU), estimant qu'en fait elle bénéficie déjà un tel statut.
Au cours du débat, le Finlandais Ari Vatanen a estimé pour sa part que l'adhésion de la Turquie enverrait un signal positif au monde musulman. Pour le Slovène Alois Peterlee, "il faudrait faire plus qu'encourager la Croatie" dans sa perspective d'intégration européenne. En lui répondant, M. Schüssel s'est dit "parfaitement convaincu" de la nécessité de faire davantage en faveur de la Croatie. "Nous lui offrirons une perspective d'adhésion" à l'UE, a-t-il promis en ajoutant que cette adhésion constituerait "un signal positif pour la Bosnie-Herzégovine et les autres pays de la région" des Balkans. Plusieurs députés ont également interrogé le Chancelier sur les perspectives d'adhésion d'autres pays, comme l'Ukraine. L'UE devrait "prévoir une pause de réflexion" avant d'envisager d'autres élargissements, leur a dit M. Schüssel car "on ne peut pas recréer l'OSCE".