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Bulletin Quotidien Europe N° 8673
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen/commission

Il faut investir toutes nos ressources pour éradiquer le terrorisme, affirme M.Prodi, pour qui la non participation aux opérations en Irak ne signifie nullement qu'on n'adhère pas à cette lutte - Espoir pour la CIG, mais critiques à des formules sur la majorité au Conseil inspirées d'une logique de blocage - Un président désenchanté sur Lisbonne

Bruxelles, 24/03/2004 (Agence Europe) - Le Président de la Commission européenne, Romano Prodi, a avoué mercredi devant la presse qu'il s'apprêtait à participer au Conseil européen de Bruxelles avec des "sentiments contrastés": d'une part, une certaine confiance pour la "possibilité" qui s'esquisse de relancer la CIG, de l'autre, une profonde tristesse après les attentats terroristes de Madrid. "Depuis Madrid, je me sens différent", je ressens avec davantage de force la nécessité d'être unis face à la menace terroriste, a-t-il dit, en indiquant que la Commission avait été représentée le jour même à Madrid par les vice-présidents Neil Kinnock et Loyola de Palacio aux obsèques solennelles des victimes de l'attentat (à laquelle a assisté aussi le Président du Parlement européen Pat Cox et qui a été l'occasion pour le futur Premier ministre Zapatero d'avoir une série de rencontres bilatérales, y compris avec Colin Powell : NDLR).

Le Sommet de Bruxelles doit adopter une "déclaration très forte" sur la lutte contre le terrorisme, a insisté M.Prodi, en notant qu'il s'agit là de la "plus grande menace contre le monde libre depuis la deuxième guerre mondiale" et qu'il faut utiliser toutes les ressources"techniques et humaines" pour atteindre l'objectif final de "son éradication complète, ni plus ni moins". Pour y parvenir, nous devons recourir non seulement à notre force, mais aussi à notre "intelligence politique, notre compréhension de la situation politique", a plaidé M.Prodi, et il a tenu à avertir: la guerre en Irak n'a pas amélioré la situation, et nous devons distinguer les positions prises par les différents pays sur cette guerre et leur attitude face au terrorisme. Et il a précisé: le fait de s'être opposé à l'intervention en Irak ne signifie nullement un moindre engagement contre le terrorisme. Au contraire, affirme-t-il, Europe et Etats-Unis doivent participer ensemble à cette alliance contre le terrorisme, une alliance entre pays européens et non européens, "atlantiques et non" (M.Prodi a indiqué qu'il avait évoqué ce fléau le jour même à Bruxelles avec Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine). Nous devons "couper la lymphe vitale" des terroristes, les isoler des "milieux qui les appuient, empêcher leur recrutement", a martelé M.Prodi. Tout en avertissant: le succès de notre action dépendra aussi de la paix entre Israéliens et Palestiniens, mais, pour le court terme, je suis "pessimiste". Interrogé par ailleurs sur le rôle prépondérant du Conseil par rapport à la Commission européenne dans le domaine de la lutte antiterroriste, M.Prodi a rappelé que la Commission a beaucoup travaillé sur les propositions que devra entériner le Conseil européen.

Au sujet de la Constitution européenne, M.Prodi a rappelé que la Présidence irlandaise est la seule à pouvoir tirer des conclusions des signes positifs apparus au cours des dernières semaines. Sur le calcul de la majorité qualifiée au Conseil, il a averti: nous devons avoir un système qui permet de prendre des décisions, et "si le seuil est trop élevé, nous ne parviendrons pas à prendre des décisions sur le terrorisme, ni sur aucun autre thème". Pour la Commission, le meilleur système demeure celui de 50% des Etats et 50% des populations, tout le reste, "c'est des choses bizarres", a-t-il remarqué. Par exemple, un système 55%/65% serait du type de celui de Nice, et serait donc un système inspiré par une logique de blocage. M.Prodi a aussi espéré que la Présidence irlandaise indiquera une date pour reprendre la CIG, tout en notant qu'elle pourrait demander une ou deux semaines avant de le faire, pour tenir compte des derniers développements (notamment les élections espagnoles, que M. Prodi a refusé de commenter). "L'idéal de l'idéal", ce serait un Sommet avant les élections européennes de juin prochain, le "second best", ce serait avant la fin de la Présidence irlandaise, et le "third best" la préparation par la présidence d'un travail "mi-fini" pour la Présidence néerlandaise.

Quant à la stratégie de Lisbonne, M.Prodi a paru plutôt désenchanté: il a rappelé que les Etats membres, arrivés désormais à mi-parcours, ne font toujours pas le nécessaire, par exemple en ce qui concerne l'objectif d'investir 3% du PIB dans la recherche, un "objectif manqué", duquel, "dans certains cas, on est même en train de s'éloigner". Je pourrais lancer des "appels pathétiques" aux Etats membres, mais "j'ai honte de les répéter", a lancé M. Prodi, en concluant: ou alors, il faudrait avoir le courage d'admettre que nous ne serons pas en mesure de rejoindre les Etats-Unis et le Japon en 2010.

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