Bruxelles, 18/03/2004 (Agence Europe) - Le Groupe de conseillers à haut niveau du European Policy Centre (EPC), groupe présidé par l'ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen, a publié un document de travail intitulé "Lisbonne revisitée - Trouver une nouvelle voie à la croissance européenne", qui formule un ensemble de recommandations pour relancer la stratégie de Lisbonne, constitue une actualisation pointue de ce processus et vise à stimuler une nouvelle vision de l'Europe de la compétitivité et de la cohésion sociale dans le contexte de l'agenda de Lisbonne.
"Nous croyons que l'Europe peut être en même temps compétitive et socialement cohésive", a déclaré Poul Nyrup Rasmussen en présentant la semaine dernière à Bruxelles le rapport aux membres de l'EPC. Le processus de Lisbonne semble avoir chaviré suite à une combinaison d'événements tels que les pressions conjoncturelles, l'inertie institutionnelle et, ce qui est probablement fondamental, le fait de n'avoir pas su attirer l'attention, l'imagination et l'appui du grand public à ce processus, dit Poul Nyrup Rasmussen, qui note avec satisfaction que la Présidence irlandaise a fait de l'examen minutieux des succès et des lacunes du processus de Lisbonne une priorité de son agenda de travail. Le Sommet européen des 25 et 26 mars devrait faire cette évaluation et garantir que les nécessaires réformes sont en place pour pouvoir atteindre les objectifs de la stratégie en 2010.
Pour relancer Lisbonne, le rapport insiste sur quelques points: - le Conseil européen doit garantir que les Etats membres tiennent leurs engagements; - la Commission européenne assume un leadership plus fort du processus de Lisbonne; - le PE participe plus directement à ce processus, en travaillant en étroite coopération avec les parlements nationaux pour contrôler la mise en oeuvre des politiques de Lisbonne; - le Comité des Régions joue un rôle de passerelle avec les futurs Etats membres, pour leur expliquer les bonnes pratiques et le know how dans ce domaine.
Le rapport recommande également d'intégrer l'agenda de Lisbonne dans les politiques clés européennes et nationales et de faire en sorte que les citoyens « assimilent » le processus de Lisbonne. Sur ce dernier point, les partenaires sociaux doivent jouer pleinement leur rôle en faisant connaître l'agenda de Lisbonne à leurs membres. Par ailleurs, le rapport estime qu'il y a beaucoup à apprendre du modèle nordique, qui est un réel succès et combine une performance économique forte avec une cohésion sociale et un développement durable. Pour avancer, il faut notamment investir dans l'emploi, la connaissance, la recherche et le développement, l'innovation et l'environnement et établir une approche plus stratégique du phénomène migratoire qui met en exergue la dimension sociale et économique de ce phénomène.
Le Professeur Maria João Rodrigues, initiatrice de la stratégie de Lisbonne et présidente du programme Croissance & Emploi de l'EPC, a souligné que, si on veut que l'Europe soit plus compétitive et ait à la fois une meilleure qualité de vie, il faut insister sur quatre points clés: - l'innovation, avec des qualifications élevées dans les technologies; l'apprentissage tout au long de la vie, en utilisant tous les outils disponibles (eLearning entre autres) pour élargir le champ de cet apprentissage, comme recommandé dans le rapport de la Kok Task Force sur l'emploi; - l'inclusion sociale, en ciblant les groupes les plus faibles, et les immigrés, et en évitant une nouvelle forme d'exclusion à l'égard des personnes plus âgées; - la durabilité, qui est liée à la protection de l'environnement. "Si on est capable de combiner ces quatre priorités à chaque niveau, européen et national, on est sur le bon chemin pour faire de Lisbonne la voie de l'Europe", a conclu Mme Rodrigues.