Bruxelles, 18/11/2003 (Agence Europe) - En lançant, le 12 novembre à Bruxelles, un nouveau plan d'action, les membres du Parlement européen réunis au sein d'un Intergroupe présidé par la travailliste britannique Mel Read et la Fondation internationale contre l'ostéoporose veulent mobiliser les gouvernements de l'Union européenne contre ce fléau qui touche une femme de plus de 50 ans sur trois et un homme sur huit. Chez les femmes de plus de 45 ans, l'ostéoporose est responsable de plus de jours d'hospitalisation que toute autre maladie. Un cas de fracture ostéoporotique survient toutes les 30 secondes dans l'Union européenne et le coût annuel d'une première année de traitement de toutes les fractures ostéoporotiques est estimé à 25 milliards d'euros. Un coût encore destiné à s'accroître avec le vieillissement de la population.
Trois mesures clés doivent être mises en œuvre dans tous les Etats membres et pays en voie d'adhésion: - le développement de la prévention ; - un accès adéquat aux diagnostics et aux soins ainsi que leur remboursement ; - une collecte de données sur les fractures de manière à pouvoir évaluer les stratégies préventives et planifier la distribution des ressources sanitaires. "Etant donné qu'une première fracture est rapidement suivie d'autres, il est essentiel que les politiques sanitaires préconisent le dépistage de l'ostéoporose avant la première fracture", souligne le docteur Juliet Compston qui insiste aussi sur le développement de programmes et de structures multidisciplinaires pour le traitement des fractures et la prévention des chutes. Elle rappelle aussi l'importance des recommandations concernant le calcium et la vitamine D. "Bien trop d'Européens continuent de souffrir inutilement par manque de dépistage ou de thérapies préventives", a constaté Mel Read en espérant que des progrès pourront bientôt être réalisés. Lors de la conférence de presse, la secrétaire d'Etat au ministère de la santé hongrois Kinga Göncz a présenté le programme national mis en place en 1995 pour assurer un dépistage précoce de l'ostéoporose dans le cadre du système de santé primaire. Une rapide analyse montre une situation bien moins bonne dans la plupart des Etats membres actuels de l'UE. Seuls deux pays, la Finlande et le Luxembourg, ont déjà appliqué ou au moins lancé la mise en œuvre des huit recommandations formulées par un groupe d'experts en 2001. La Belgique, le Danemark, l'Allemagne, la Grèce, l'Irlande et l'Italie n'ont rien fait ou presque. Le Royaume-Uni vient de faire de l'ostéoporose une priorité mais les mesures doivent encore être prises. La France et l'Autriche ont mis en place un cours de sensibilisation à l'importance du calcium et de la vitamine D. Ces deux pays, mais aussi la Suède, l'Autriche, les Pays-Bas, le Portugal et l'Espagne (avec un délai d'attente de 6 à 12 mois pour l'examen) remboursent les tests de densitométrie ainsi que les traitements préventifs et curatifs.