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Bulletin Quotidien Europe N° 8566
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen

Les chefs d'Etat et de gouvernement ont réussi à dédramatiser les questions liées à la défense européenne - Consultations en vue de l'adoption d'une Constitution ambitieuse

Bruxelles, 17/10/2003 (Agence Europe) - C'est à la future défense européenne que Silvio Berlusconi a consacré l'essentiel de son intervention lors de la conférence de presse qui suivait de près, vendredi matin, la fin du Conseil européen. Après avoir été le thème d'une rencontre improvisée, jeudi après-midi, entre MM. Chirac, Schröder et Blair, la défense avait constitué, le soir même, le plat de résistance du dîner des membres du Conseil européen. Un dîner fructueux, aux dires de M. Berlusconi qui a évoqué "une unanimité absolue pour doter l'Union européenne d'une politique de défense appropriée". Le Premier ministre italien a estimé qu'il existe un accord sur "la nécessité d'une force militaire adéquate" pour permettre à l'Union de jouer un rôle sur la scène internationale. Il a expliqué que le Conseil européen était parvenu à un accord sur les coopérations structurées contenues dans le projet de traité constitutionnel, pour autant qu'elles soient ouvertes à tous les Etats membres et qu'elles s'inscrivent dans une logique de complémentarité avec l'OTAN. Dans ce contexte, les critères de participation aux coopérations structurées devront être approuvés par le Conseil européen, a-t-il ajouté. Le Haut représentant pour la PESC (que "l'on dit "haut" mais qui n'est pas plus grand que moi", a observé M.Berlusconi au moment de lui passer la parole) Javier Solana a confirmé que le débat sur la défense avait été "extrêmement constructif" et qu'il n'avait entendu personne exprimer le moindre doute sur la nécessité de se doter d'une capacité militaire "autonome mais complémentaire de l'OTAN". Interrogé sur la nécessité de mettre en place un quartier général européen, Silvio Berlusconi a dit: "Il est clair que si nous avons notre propre défense, nous aurons notre propre centre de commandement, coordonné avec celui de l'OTAN". S'agissant des inquiétudes américaines, il a notamment expliqué qu'il était normal que les Européens fassent aujourd'hui un plus gros effort d'investissements dans la défense après avoir longtemps bénéficié du parapluie de l'OTAN "aux frais du contribuable américain".

Ces progrès concernant la défense devront encore être formalisés dans le futur traité en même temps que les solutions aux problèmes institutionnels qui ne sont pas encore réglés à l'heure actuelle. Dans cette perspective et pour rechercher des solutions avec certains gouvernements ou "groupes de pays", M. Berlusconi a confirmé qu'il procédera à des consultations bilatérales avec pour objectif de parvenir avant la fin de l'année à l'adoption d'une Constitution qui soit "à la hauteur des ambitions de l'Europe sur la scène internationale". A ceux qui craignent une dérive qui ferait de ce texte un traité très technique et très détaillé, M. Berlusconi a répété qu'il s'agira d'une Constitution comportant les dispositions qui se trouvent habituellement dans une "loi fondamentale". Lors du Sommet, c'est surtout l'Espagne qui a soutenu l'idée de ces consultations bilatérales. L'Autriche a insisté pour qu'elles aient lieu avec tous les pays et la France a souhaité qu'elles aient vraiment pour objet de "finaliser" le texte.

Silvio Berlusconi a résumé les autres résultats du Conseil européen en insistant, avec Romano Prodi, sur l'initiative de croissance. "Je crois que ce sera un bon soutien pour l'économie européenne", a-t-il dit, alors que le président de la Commission a apporté quelques précisions sur les projets "Quick Start" (voir autre nouvelle).

M. Berlusconi a ensuite longuement félicité le Pape Jean-Paul II pour les 25 ans de son pontificat. Il a rappelé les conditions dans lesquelles l'Evêque polonais Karol Wojtila avait été élu et l'influence qu'il avait eue sur la chute du communisme et du mur de Berlin. A la demande du Portugal, les conclusions de la Présidence se terminent sur la phrase suivante: "Le Conseil européen a félicité Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de son pontificat".

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