Rome, 03/10/2003 (Agence Europe) - Les ministres européens de la Défense semblaient déterminés à ne pas insister sur les sujets qui fâchent, comme les futures "coopérations structurées" ou la création d'un quartier général européen autonome, lors de leur réunion informelle vendredi et samedi à Rome. "Ce dont l'Europe a besoin aujourd'hui, c'est d'être unie. Or les discussions de ces derniers mois ne l'ont pas laissé transparaître. Il n'y a pas besoin de provoquer des polémiques inutiles", a déclaré le ministre italien de la Défense, Antonio Martino, avant d'ouvrir les travaux.
Plusieurs ministres ont assuré, avant d'entamer leur discussion, qu'ils comptent arriver à une solution avant la fin de l'année à propos du quartier général. La Belgique souhaite installer à Tervuren un quartier général autonome, comme l'avaient proposé la France, l'Allemagne, le Luxembourg et la Belgique lors de leur "mini-sommet" d'avril dernier. Opposé à ce projet, le Royaume-Uni a proposé d'installer le QG européen au sein du quartier général de l'Otan à Mons (Shape), où une cellule européenne a déjà été implantée pour les opérations en Macédoine. La Présidence italienne a proposé une alternative: créer une "Task Force virtuelle", avec une rotation d'officiers entre les quartiers généraux nationaux (voir EUROPE du 3 octobre, p.5). Le secrétaire général de l'Otan, Lord Robertson, a remarqué à son arrivée que "l'important est que l'Otan et l'UE travaillent semble. Nous ne voulons pas de concurrence ou de doublons superflus."
"Il y a plusieurs idées sur la table et on doit à présent les analyser", a résumé le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, en estimant que la question pourrait être résolue d'ici décembre. Le ministre belge André Flahaut a mis de l'eau dans son vin en constatant que "la question du commandement peut arriver plus tard", l'important est que l'Europe ait déjà réalisé des progrès sur le terrain avec les opérations Artémis au Congo ou Concordia en Macédoine. Le secrétaire d'Etat allemand, Walter Kalbow, espérait également arriver avant la fin de l'année à une solution combinant les idées italiennes et britanniques.
Les ministres de la Défense des Etats membres et adhérents poursuivaient vendredi la réflexion sur l'adaptation des capacités européennes de défense, dans la triple perspective de l'élargissement, de la réforme du Traité et de la future « stratégie européenne de sécurité ». Le Haut représentant Javier Solana a mis l'accent sur la "qualité" des capacités nationales mises à la disposition de la défense européenne et leur interopérabilité.
La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, devait revenir sur l'idée de créer une gendarmerie européenne, avant d'entamer une discussion plus concrète sur la question, lors du Conseil "formel" des ministres de la Défense et des Affaires étrangères en novembre prochain.
En marge de la réunion de Rome, les ministres de la Défense du Benelux ont convenu d'étudier un renforcement de la coopération militaire entre les trois pays, notamment afin de combler des lacunes existant au sein de l'Otan et de l'UE, a indiqué le ministre belge André Flahaut. Une nouvelle réunion entre les trois est prévue pour le 12 décembre à Maastricht. La coopération du Benelux « vise à combler des lacunes identifiées tant au sein de l'UE et que de l'Otan », a expliqué M. Flahaut à l'Agence Belga, assurant que le Benelux pourrait également être « un moteur de l'intégration européenne » en matière de défense.