Bruxelles, 09/09/2003 (Agence Europe) - La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) dénonce les pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui « empêchent délibérément que l'on inscrive le thème pourtant central des droits des travailleurs à l'ordre du jour » des négociations sur l'Agenda de développement de Doha. La conférence ministérielle de Cancun doit aboutir, selon elle, à « l'affirmation de la priorité des droits de l'homme, y compris les droits fondamentaux des travailleurs », sous peine de voir «la spirale néfaste et descendante qui mène à l'abaissement des normes de travail se poursuivre, étant donné que les gouvernements se livrent entre eux à une compétition acharnée pour recevoir les investissements étrangers, en proposant une main-d'oeuvre meilleur marché, des avantages fiscaux et autres concessions ». La CISL, qui publie ce lundi un rapport à ce sujet, estime que l'exemple des zones franches d'exportation illustre bien « l'exploitation qu'engendre la mondialisation actuelle ». Dans ces zones, dont le nombre est passé de 79 en 1975 à 3000 en 2002, les investissements sont « précaires, facilement susceptibles de quitter le pays du jour au lendemain si une main-d'oeuvre moins chère et plus docile est disponible ailleurs », et les entreprises ne paient pas d'impôt mais leurs travailleurs « vivent dans des conditions misérables et sont souvent privés de soins médicaux, d'éducation et même des services publics les plus élémentaires », note-t-elle dans ce rapport, intitulé « les zones franches d'exportation: symboles de l'exploitation et impasse pour le développement », désormais disponible à l'adresse: http: //http://www.icftu.org.