login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8538
Sommaire Publication complète Par article 27 / 43
INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/culture

Le Parlement dénonce l'absence de dispositions législatives au niveau européen concernant les langues régionales et minoritaires

Strasbourg, 09/09/2003 (Agence Europe) - Dans le rapport d'initiative de Michl Ebner (PPE-DE, Italie) relatif à l'élargissement et à la diversité culturelle (langues régionales et moins répandues) qu'il a adopté par 431 voix pour, 30 contre et 23 abstentions, le Parlement européen dénonce l'absence de dispositions législatives à l'échelle de l'UE concernant les langues régionales et moins répandues (voir EUROPE du 3 septembre p.13). Il demande que la prochaine Conférence intergouvernementale, qui négociera le projet de Constitution proposé par la Convention, "inclue dans les dispositions relatives à la politique culturelle de l'Union une référence explicite à la promotion de la diversité linguistique, y compris des langues régionales et minoritaires, comme expression de la diversité culturelle". Le Parlement recommande également à la Commission européenne de: 1) réaliser une étude de faisabilité sur l'instauration d'une agence européenne pour la diversité linguistique et l'apprentissage des langues; 2) élaborer un programme pluriannuel pour la diversité linguistique accompagné de mesures financières concrètes pour la promotion de projets visant à l'acceptation du multilinguisme.

"A la veille de cette démarche historique qu'est l'élargissement de l'Union, nous avons besoin de compréhension avant toute chose et pour y arriver nous avons besoin de langues (...). Il faut que les minorités linguistiques de l'UE forment un pont avec ceux qui vont adhérer à l'UE", a déclaré en présentant son rapport à la plénière Michl Ebner, élu du Südtiroler Volkspartei. "L'Europe est une mosaïque linguistique et nous souhaitons qu'elle le reste", a-t-il ajouté en se félicitant du plan d'action 2004-2006 pour l'apprentissage des langues et la promotion de la diversité linguistique (voir EUROPE du 26 juillet p.5).

"L'engagement pour les langues est l'engagement pour les citoyens, pour cette Europe multiculturelle avec sa diversité qui est sa véritable richesse", a déclaré la Commissaire Viviane Reding. En ce qui concerne la proposition du rapport Ebner sur l'instauration d'une agence européenne pour la diversité linguistique et l'apprentissage des langues, Mme Reding a estimé qu'il fallait « réfléchir avant de se lancer dans cette entreprise » et que « la réalisation d'une étude de faisabilité sur la création d'une telle agence serait une étape essentielle de réflexion ». Mme Reding a annoncé que la Commission allait présenter début 2004 un rapport "qui sera une première étape dans cette voie". Pour ce qui est de l'adoption d'un programme pluriannuel pour la diversité linguistique, Viviane Reding a indiqué que la Commission "ne pouvait pas accepter une telle recommandation. Pour la Commission, la meilleure façon de promouvoir des langues minoritaires est une approche intégrée" telle que prévue dans son plan d'action 2004-2006. Et de préciser: "J'en suis persuadée car un programme séparé signifierait pour moi la poursuite du cloisonnement des langues régionales et minoritaires".

Citant en exemple l'Espagne "pour sa grande richesse linguistique", la démocrate espagnole Theresa Zabell (PPE-DE) a noté que "certains points de ce rapport ne respectent pas le principe de subsidiarité et mettent en question celui de la proportionnalité". Pour le PSE, la députée grecque Myrsini Zorba a souligné que « le maintien de la diversité linguistique en promouvant les langues minoritaires permet d'éviter les conflits et renforce la cohésion ». José Vallvé (ELDR, Espagne) a demandé que le catalan soit reconnu comme langue officielle au sein de l'UE. Au nom du groupe des Verts/ALE, Eurig Wyn a prononcé quelques mots en gallois, sa langue maternelle, pour accueillir très favorablement le rapport Ebner. La préservation de langues telles que le gallois, l'écossais, etc. est nécessaire, en Irlande et au RU malgré que l'anglais - langue officielle - soit la première langue mondiale, a plaidé Sean O'Neachtan (UEN, Irlande) car "la langue constitue notre identité". Maria Martens (PPE-DE, Pays-Bas) a rappelé que "la langue des signes est essentielle pour la communication. Une personne sur 1000 naît sourde ou le devient avant ses trois ans! Il serait donc bien qu'elle soit considérée comme une langue minoritaire". "Il est difficile de cultiver une langue et de la maintenir en vie", a dit la socialiste autrichienne Christa Prets qui pense elle aussi que la langue des signes doit faire partie des langues minoritaires, tout comme Johannes Voggenhuber (Verts/ALE, Autriche). La libérale finlandaise Astrid Thors a mis en garde contre une anglicisation généralisée et estime que, pour éviter une telle anglicisation, l'instauration d'une agence européenne pour la diversité linguistique est absolument nécessaire. "Les langues qui sont plus égales que d'autres sont les langues officielles de l'Union. Les autres ne sont pas égales en droit", s'est exclamé le vert catalan Miguel Maiol y Raynal en expliquant que "sa langue nationale, le catalan, est la langue de plus de dix millions de citoyens et citoyennes de l'UE, lesquels ne peuvent utiliser leur langue dans leurs relations avec l'UE. Et sont donc discriminés par rapport aux autres citoyens européens". Mais, a conclu M.Maiol y Raynal, "l'exercice démocratique du droit à l'autodétermination réglera bientôt notre imbroglio linguistico-européen". Pour Marco Cappato (NI, Italie), "on assiste à une destruction de la diversité linguistique en Europe. La solution, c'est l'esperanto qui ne connaît pas de suprématie d'une langue sur une autre. La Commission devrait essayer d'expérimenter cette voie et prévoir le financement nécessaire".

Session plénière du Parlement européen (suite et fin)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES