Bruxelles, 22/07/2003 (Agence Europe) - La Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) a manifesté "son opposition la plus totale" aux propositions du rapport Sapir concernant la renationalisation de la politique européenne de cohésion. Réuni à Naples le 21 juillet, le bureau politique de la CRPM a publié une déclaration à l'adresse du collège des Commissaires, pour dénoncer le contenu de ce rapport élaboré par un groupe d'experts pour le Président Prodi (EUROPE du 18 juillet p.9). "Les options défendues par ce document marqueraient, si elles étaient retenues, un retour en arrière durable sur une grande partie de l'acquis communautaire avant même que celui-ci n'ait pu être transmis aux nouveaux Etats membres de l'Union", estime cette association qui représente 150 régions européennes. "L'idée de promouvoir les principaux facteurs de compétitivité en augmentant le budget communautaire qui leur serait consacré est plutôt positive, elle ne peut cependant en aucun cas se mettre en œuvre sous la seule forme présentée, c'est-à-dire en totale ignorance des principes de cohésion économique, sociale et territoriale d'une part et de toute dimension régionale d'autre part", estime la CRPM à propos des propositions du rapport Sapir. La CRPM cite "pour exemple, une mise en œuvre d'un effort particulier en termes d'infrastructure de transport ou de recherche et développement (qui) aurait comme conséquence dans le scénario « Sapir » de renforcer la concentration des investissements dans les régions déjà richement dotées (aujourd'hui dans l'UE15, 28 régions sur 211 représentent 50% des dépenses de R&D en Europe) alors qu'une mise en oeuvre dans le cadre de la politique régionale pourra agir avec la même efficacité mais dans un sens plus équilibré et plus durable".