Bruxelles, 28/05/2003 (Agence Europe) - A l'issue d'un sommet plutôt consensuel, exception faite d'une inévitable fausse note à propos des OGM, l'Union et le Canada sont convenus « d'intensifier les relations bilatérales à tous les niveaux afin de relever les défis internationaux urgents, de renforcer les liens transatlantiques et de faire face aux changements qui se produisent dans leurs sociétés respectives », soulignent leurs dirigeants dans le communiqué conjoint adopté, mercredi à Athènes. L'heure des décisions ne sonnera, comme prévu, qu'en décembre prochain, à Ottawa, où l'objectif sera de « rendre les relations davantage tournées vers l'avenir et axées sur l'action ». Entre-temps, le Premier ministre Jean Chrétien, le président de la Commission européenne Romano Prodi et le président du Conseil de l'Union, le Premier ministre grec Kostas Simitis ont donné le coup d'envoi à un plan d'action conjoint destiné à donner un cadre à la coopération réglementaire et éviter « les obstacles inutiles au commerce et aux investissements ».
Les dirigeants européens et canadiens conviennent notamment de: - oeuvrer ensemble en vue de mettre en place un cadre multilatéral concret et axé sur l'action qui fournira des réponses rapides et efficaces aux problèmes liés à la prolifération des armes de destruction massive (ils invitent PyongYang à « s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver encore la situation ») ; - contribuer à la reconstruction politique et économique de l'Irak, dans le cadre des Nations Unies, et se félicitent de la résoltion qui mettra fin aux sanctions contre ce pays ; - soutenir la mise en oeuvre de la feuille de route pour la paix au Proche-Orient; continuer à aider les pays des Balkans occidentaux dans leurs efforts actuels « sur la voie de leur intégration dans l'Europe ».
Sur le plan bilatéral, le Président Prodi a présenté la communication visant à « renforcer encore » les relations avec le Canada dans le cadre du processus d'examen convenu l'an dernier, un document qui « alimentera une réflexion qui conduira à l'adoption de décisions lors du prochain sommet », soulignent les dirigeants, tandis que M.Chrétien a fait part de "l'examen interne" de ces relations qui est en cours outre-Atlantique. Ils ont confirmé par ailleurs leur « conviction commune que la poursuite de la libéralisation des échanges et investissements est d'autant plus importante pour la promotion de la croissance économique et de la prosperité » que la conjoncture est plutôt morose à l'heure actuelle. Européens et Canadiens se sont engagés dans ce contexte à: faire en sorte que les négociations commerciales multilatérales aboutissent à l'échéance convenue de 2004 et à coopérer étroitement pour garantir le succès de la réunion clé de Cancun, en septembre, notamment par des « progrès sur les aspects liés au développement et l'ouverture de négociations sur la facilitation des échanges, la transparence des marchés publics, les investissements et la concurrence ». Ils ont aussi réaffirmé leur volonté d'élaborer un nouvel accord bilatéral sur le commerce et l'investissement et salué le paraphe du futur accord sur les vins et spiritueux, en espérant que ce processus passe maintenant « à la phase de conclusion et de ratification ».
A noter, enfin, que les dirigeants européens et canadiens font référence dans leur communiqué conjoint à leur querelle à propos des OGM, qui vient d'être portée à Genève par une coalition de pays menés par les Etats-Unis. Chacun a « exposé (ses) positions, qui diffèrent », disent-ils en précisant: « Les discussions ont porté, notamment sur les aspects économiques scientifiques, sociaux et politiques de la question telle qu'elle est envisagée par chaque partie ».