Bruxelles, 20/03/2003 (Agence Europe) - Dans leurs lettres à leurs collègues avant le Sommet de printemps des 20 et 21 mars, les Présidents du Conseil européen et de la Commission européenne exhortent les Quinze à maintenir le cap de la stratégie de Lisbonne malgré les difficultés économiques actuelles et la guerre en Irak (voir pages précédentes).
Costas Simitis affirme ainsi que, dans cet "environnement politique et économique international exceptionnellement difficile et changeant", "il est impératif que nous confirmions et renforcions nos politiques de réforme économique et sociale et pour une Europe au développement durable créant de la prospérité et des emplois". M. Simitis souhaite que, "pendant notre réunion, nous tournions le regard vers nos trois ans d'expérience (depuis Lisbonne) en notant nos difficultés mais aussi nos succès: ouverture et intégration des marchés européens, encouragement à l'entrepreunariat et à l'innovation, promotion de l'emploi et renforcement de la cohésion sociale, nos politiques pour l'environnement et le développement durable".
Quant à Romano Prodi, il souligne lui aussi le contexte dans lequel se déroule ce Conseil européen: opérations militaires en Irak (qui "ne représenteront pas la fin de la lutte contre le terrorisme international"), situation au Moyen-Orient, "spectacle dramatique de la pauvreté et de l'exclusion dans le monde entier (...), situation (...) plus explosive de jour en jour". Et il estime que, en ces jours de tensions, "c'est fondamentalement notre union que demandent les citoyens de l'Europe". J'emploie délibérément le terme "citoyens de l'Europe" car les opinions qui s'expriment actuellement sont "un meilleur témoignage de l'identité européenne que des projets politiques et institutionnels complexes. Ils forment un front uni, et nous devons montrer que nous sommes unis aussi". Quant au processus de Lisbonne, M. Prodi reconnaît que "il est évident que tout cela va être plus difficile à présent", mais incite à ne pas renoncer à « un processus que nous avons autant de mal à mettre sur pied ». Et il insiste sur: l'emploi, l'innovation, l'esprit d'entreprise, la connaissance, un calendrier « pour parvenir à un accord définitif, dans la perspective du Conseil européen de printemps 2004 sur les réformes clés encore en chantier (chemins de fer, ciel unique européen, marchés de l'énergie, marchés financiers, marchés publics, société de l'information, travailleurs intérimaires, règles de sécurité sociale transfrontalière, biocarburants, fiscalité de l'énergie, responsabilités des dommages à l'environnement et changement climatique), soutien au renforcement de la coordination des politiques budgétaires ».
Le Sommet proprement dit devrait s'achever vendredi déjà vers 13 heures, suivi des déjeuners séparés avec les chefs de gouvernement, les ministres des Affaires étrangères et les ministres des Finances des dix pays adhérents et des trois candidats.
Vendredi après-midi, la Commission tiendra une réunion spéciale, consacrée au sommet et à l'Irak.