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Bulletin Quotidien Europe N° 8425
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sommet social tripartite

La création d'une Task Force Emploi est accueillie fraîchement - Le dialogue social est un élément essentiel de la politique européenne - Pour Anna Diamantopoulou, la stratégie européenne pour l'emploi est excellente en termes de « design of policies » mais pas en ce qui concerne sa mise en oeuvre au niveau national

Bruxelles, 20/03/2003 (Agence Europe) - La première réunion officielle du Sommet Social Tripartite pour la croissance et l'emploi, qui se tenait le 20 mars sous la présidence de Costas Simitis et de Romano Prodi et avec la participation d'Anna Diamantopoulou, a été très productive, bien qu'assombrie par la guerre en Irak. Cette réunion constitue une avancée majeure, car les instituions européennes reconnaissent le rôle des partenaires sociaux européens dans la mise en oeuvre des réformes économiques et sociales en Europe. Ce Sommet a permis aux partenaires sociaux de s'exprimer sur l'élargissement, l'ouverture des marchés, la cohésion sociale et les mesures pour l'emploi mais aussi de constater que le dialogue social est un élément essentiel de la politique européenne.

"Les partenaires sociaux sont d'accord avec la politique de Lisbonne et la reconnaissent comme le cadre de tous nos efforts. Ils sont aussi d'accord pour dire que le modèle social européen est la caractéristique même de l'Union européenne et qu'il faut le renforcer tout en l'adaptant aux changements, sans créer un sentiment d'insécurité et d'incertitude chez les travailleurs", a déclaré le Président du Conseil européen Costas Simitis à l'issue des travaux. Selon le Président de la Commission européenne Romano Prodi, ce premier Sommet Social « fera progresser l'agenda social européen, principalement en matière de mobilité des travailleurs (avec un fort investissement dans les ressources humaines), de retraites, de transformation du marché du travail. Bien sûr, dans la stratégie de Lisbonne, il y a des retards, mais aussi des succès. Aujourd'hui nous avons fait un pas en avant. Et de préciser que "pour la Commission, le dialogue social est très important, car il oblige les partenaires sociaux à faire face à leurs responsabilités". Le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), Emilio Gabaglio, a rappelé notamment l'importance d'avoir une politique économique pro-active coordonnée au niveau européen, d'investir dans des technologies respectueuses de l'environnement, de suivre une politique monétaire orientée sur l'emploi et la croissance, mais aussi une politique de l'emploi plus active, grâce à l'éducation et la formation. Georges Jacobs, Président du patronat européen (Unice), a affirmé que "la guerre ne peut pas être un alibi qui nous empêcherait de traiter les grandes questions actuelles, comme la faiblesse de la croissance dans la zone euro".

La Commissaire Anna Diamantopoulou s'est inquiétée de trois problèmes: les systèmes de protection des données des travailleurs, le stress au travail et ses conséquences sur la santé et l'emploi. "La stratégie européenne pour l'emploi est l'occasion d'une plus grande implication des partenaires sociaux. Elle est excellente en termes de « design of policies » mais pas en ce qui concerne sa mise en oeuvre au niveau national", a-t-elle souligné en présentant ses trois grandes priorités pour l'avenir immédiat: restructurations, inclusion des travailleurs âgés sur le marché du travail (parallèlement aux réformes des pensions), élargissement. « La culture du dialogue social vient de démarrer dans les pays candidats. Les partenaires sociaux et les Etats membres doivent donner un soutien supplémentaire à leurs collègues des nouveaux pays », a-t-elle dit.

Au cours de la réunion, les participants ont également discuté de la création d'une Task Force Emploi, qui n'a pas suscité de véritable enthousiasme. Pour les syndicats, l'idée est intéressante mais les objectifs de cette Task Force doivent être clairs, limités dans le temps et coordonnés par la Commission. Le patronat a quant à lui demandé que les suggestions qui émaneraient de cette Task Force soient introduites dans la stratégie européenne pour l'emploi. Le ministre italien des Affaires sociales Roberto Maroni (le Premier ministre Silvio Berlusconi et son homologue irlandais Bertie Ahern n'étaient pas à Bruxelles car ils s'exprimaient sur l'Irak devant leurs parlements) a estimé que la formalisation du Sommet Social Tripartite n'était pas nécessairement une garantie de succès mais qu'il pouvait être un forum décisif pour répondre aux défis européens en matière sociale. La Présidence grecque a demandé aussi que le dossier du travail intérimaire soit clôturé au plus tard en juin 2003. Le ministre irlandais des Affaires sociales Frank Fahey a saisi l'occasion pour les priorités de la Présidence irlandaise (premier semestre 2004): élargissement (et ses conséquences dans le processus décisionnel), croissance de l'emploi, compétitivité, cohésion sociale, égalité des chances dans l'emploi.

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