Bruxelles, 12/03/2003 (Agence Europe) - Le Commissaire européen Pascal Lamy est en Inde, ces jeudi et vendredi, afin "d'améliorer le dialogue sur le commerce", souligne sa porte-parole dans un communiqué de presse. L'objet de cette visite - la précédente remonte à novembre 2001, juste après le lancement de l'Agenda de développement de Doha - est d'examiner avec ses divers interlocuteurs (gouvernement, parlement, milieux d'affaires et société civile), l'état actuel des négociations à Genève et d'identifier les domaines d'intérêt commun où la coopération pourrait être améliorée dans la perspective de la Conférence ministérielle que l'Organisation mondiale du commerce tiendra à Cancún (Mexique) en septembre prochain. Une série de questions bilatérales sont également au menu des discussions que le responsable de la politique commerciale européenne doit tenir, dans la matinée, avec son homologue indien, Arun Jaitley.
L'Union et l'Inde, qui sont toutes deux des acteurs clés du nouveau cycle de négociations multilatérales, ont "travaillé dur pour lancer l'Agenda de développement de Doha", a rappelé M.Lamy peu avant son départ pour New Delhi. "Le défi devant nous est maintenant de renforcer davantage (notre) coopération afin de promouvoir ensemble les priorités de développement de l'agenda du commerce mondial - cela est essentiel si nous devons satisfaire les besoins de nos citoyens, de nos milieux d'affaires et de notre société civile", a-t-il dit, en espérant "vivement que mon voyage pourra contribuer à cet objectif". Outre le ministre du Commerce et de l'Industrie, le Commissaire doit rencontrer le ministre de l'Agriculture Ajit Singh, le Dr Manmohan Singh du Parti du Congrès, les membres du Comité commercial permanent au Parlement, ainsi que des représentants des milieux d'affaires et de la société civile.
Dans l'enceinte multilatérale, l'agriculture est l'un des domaines où l'Union et l'Inde peuvent trouver des points de convergence. Elles s'entendent, à ce stade, sur la nécessité d'accorder une plus large marge de flexibilité aux pays en développement. Toutes deux ont par ailleurs intérêt à obtenir une meilleure protection des indications géographiques dans le volet "propriété intellectuelle" de l'ADD. Européens et Indiens vont aussi examiner le projet d'ouverture des marchés pour les échanges de biens et de services industriels et l'aspect "développement" de l'ADD, notamment la nécessité de progresser vers des dispositions donnant corps aux promesses faites aux pays en développement de leur réserver un traitement spécial et différencié. M.Lamy devrait également souligner en Inde (qui est productrice de génériques et l'un des chefs de file du monde en développement) la nécessité de trouver rapidement une solution qui permette aux pays dénués de capacité de production - et souvent les moins avancés - de bénéficier eux aussi d'un accès facilité aux médicaments essentiels. En outre, il insistera sur l'importance de disposer de règles sur la concurrence, la facilitation des échanges, l'investissement et les marchés publics, afin d'améliorer la transparence et la prévisibilité du commerce mondial.
Sur le plan bilatéral, l'Inde et l'Union, qui est son premier partenaire commercial, préparent actuellement un plan d'action basé sur les recommandations faites par les milieux d'affaires en vue d'améliorer les échanges commerciaux et les investissements de part et d'autre. (voir http: //indiafdi.com). MM.Lamy et Jaitley en discuteront et feront le point des préparatifs d'un programme de 15 millions d'euros, destiné à soutenir la capacité des opérateurs indiens à suivre les réglementations techniques de l'UE et respecter ses normes sanitaires et phytosanitaires. Ce programme, qui doit être lancé à la fin de cette année, vise aussi à améliorer le climat pour les investissements. Les points de friction seront également abordés: les quotas indiens sur un certain nombre de produits européens, les obstacles non tarifaires auxquels se heurtent les exportateurs européens dans divers secteurs, notamment l'automobile, l'acier, les denrées alimentaires ou les textiles, ainsi que l'utilisation par l'Inde des instruments de défense commerciale (antidumping, droits compensatoires anti-subventions, mesures de sauvegarde).