Bruxelles, 27/11/2002 (Agence Europe) - Depuis l'Afrique où il se trouve actuellement, le Commissaire européen à l'aide humanitaire, Poul Nielson, s'inquiète de la fermeture prochaine d'un camp de Tchétchènes déplacés en Ingouchie, et invite les autorités russes à respecter le droit humanitaire international. Dans un communiqué, il déclare: « Je suis très préoccupé par l'annonce récente du service fédéral ingouche des migrations de son intention de fermer le camp de Aki Yurt le 1er décembre. Ce camp héberge actuellement plus de 1 700 personnes déplacées (…) qui ont fui la guerre en Tchétchénie et refusent d'y retourner aussi longtemps que leurs vies sont en danger. On ignore totalement où ces personnes iront si ce camp devait être fermé. La Commission européenne et la communauté internationale dans son ensemble n'ont cessé de demander aux autorités de ne fermer aucun camp en Ingouchie aussi longtemps que les conditions d'un retour en toute sécurité pour les personnes déplacées ne sont pas réunies. Nous considérons que le manque de sécurité en Tchétchénie ne permet pas actuellement de garantir un retour sûr. Je répète que le retour des personnes déplacées doit intervenir exclusivement sur une base volontaire et que les personnes déplacées qui souhaitent rester en Ingouchie doivent pouvoir le faire dans des conditions décentes. Contraindre les personnes déplacées à retourner en Tchtéchénie où le conflit se poursuit serait contraire au droit humanitaire international et aux Conventions auxquelles la Russie est partie. Laissez- moi rappeler que la Commission, via son Office d'aide humanitaire Echo, est le premier donateur d'aide aux victimes du conflit en Tchétchénie (90 millions d'euros depuis 1999). Une grande partie de ces fonds est destinée à aider les 160 000 personnes encore déplacées en Ingouchie, que celles-ci se trouvent dans des camps, dans des familles d'accueil ou bien qu'elles se soient spontanément établies dans d'autres lieux d'implantation. Echo a financé nombre de services humanitaires dans le camp de Aki Yurt pour en faire un lieu d'accueil plus humain et plus adéquat pour les personnes qui y vivent ».