Bruxelles/Genève, 18/10/2002 (Agence Europe) - Le Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce Supachai Panichpakdi appelle les participants au Cycle de Doha à sortir de leurs positions défensives: «Nous n'avons plus le temps d'attendre que d'autres bougent les premiers », a-t-il dit aux ambassadeurs des 145, en présentant son rapport sur l'état d'avancement des négociations. Selon M. Supachaï, qui assure la présidence du comité de pilotage du Cycle (le CNC), les sujets qui divisent le plus restent l'agriculture, le traitement spécial et différencié à réserver aux pays en développement, la mise en oeuvre des engagements issus du précédent cycle, les aspects commerciaux des droits de propriété intellectuelle (Adpic) et la santé publique, sur lesquels se focalisera l'attention des négociateurs jusqu'à la fin de cette année. « Nous avons d'importantes échéances devant nous dans les mois qui viennent et si nous laissons trop de choses pour Cancun (où se tiendra la prochaine ministérielle de l'OMC en septembre 2003: NDLR), je pense que nous rendrons notre tâche - réussir les négociations - pratiquement impossible ». Il est clair que les pourparlers sur certains chapitres de l'Agenda de développement de Doha sont en carence de contributions écrites, a-t-il dit, sans plus de commentaire. L'Australie stigmatise quant à elle l'Union européenne et le Japon qui n'ont toujours pas précisé leurs positions sur l'agriculture. Ces « deux participants clés » aux négociations « n'ont rien avancé de spécifique, ce qui risque fort de retarder » la progression du Cycle, indique-t-on de sources proches du ministère des Affaire étrangères et du Commerce, en rappelant que le Groupe de Cairns, dont fait partie l'Australie, a déjà dévoilé sa version de la réforme agricole programmée, qui se résume en une réduction tarifaire de 25% dans les pays développés et sur un relèvement de l'accès aux contingents tarifaires jusqu'à 20% de la consommation intérieure. Les Etats-Unis préconisent quant à eux l'élimination totale des subventions à l'exportation de produits agricoles, une réduction de 100 milliards de dollars par an des soutiens internes et une réduction tarifaire moyenne de 62 jusqu'à 15%. Sur la question particulièrement sensible outre-Atlantique des règles de défense commerciale contre les pratiques déloyales, les Américains ont précisé jeudi les principes de base de leur position, à savoir: maintenir la force et l'efficacité des « remèdes » commerciaux, assurer la transparence de ces législations, renforcer les règles pour contrer plus efficacement les pratiques commerciales déloyales pour la concurrence, et clarifier que, dans le cadre de différends sur un dispositif défensif, les instances compétentes ne peuvent imposer des obligations autres que celles contenues dans les Accords de l'OMC et doivent s'en tenir aux règles et procédures prévues pour ce genre d'examen.