Bruxelles, 15/10/2002 (Agence Europe) - La Commission européenne a autorisé la holding française Wendel Investissement et la société d'investissement de portefeuille Kohlberg Kravis Roberts & Coof (KKR) à acquérir le fabricant français de matériel électrique Legrand. La Commission a examiné attentivement l'impact de cette opération sur la concurrence, et en particulier ses répercussions dans les systèmes d'éclairage de secours et les luminaires professionnels, dans lesquels Legrand et KKR sont tous deux présents, ce dernier par l'intermédiaire de sa filiale autrichienne Zumtobel. Les chevauchements d'activités sont toutefois mineurs et il existe suffisamment de concurrents sur ce segment. Par ailleurs, la Commission a constaté dans son analyse que Wendel contrôle en partie Bureau Veritas qui, à son tour, contrôle LCIE, l'organisme français de certification des produits électriques. Elle s'est donc interrogée sur les risques que ce dernier ne favorise Legrand et Zumtobel au niveau de l'attribution de la marque de qualité française (marque « NF ») au détriment de leurs concurrents, mais l'existence au sein de tous les organismes de certification européens de procédures de reconnaissance mutuelle et l'importance de la marque « CE » ainsi que les propres marques des fabricants réduisent ces risques. La Commission avait, il y a juste un an, refusé son autorisation à la fusion Schneider Electric/Legrand. Schneider, qui avait racheté Legrand avant même d'avoir reçu le feu vert européen, fut ainsi contraint de revendre les actions acquises, selon des modalités bien précises fixées par la Commission début 2002, dans une décision distincte (voir EUROPE du 31 janvier 2002, p. 14 et du 11 octobre 2001, p.10). Schneider a fait appel devant le Tribunal de première instance des décisions de la Commission et le verdict devrait être rendu le 22 octobre. Si le Tribunal annule la décision de la Commission, Schneider a prévu une clause qui lui permettrait de mettre fin à l'accord de cession de Legrand à Wendel et KKR.