Bruxelles, 13/09/2002 (Agence Europe) - S'exprimant jeudi devant l'Assemblée générale des Nations unies au nom de l'UE, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, Président en exercice du Conseil européen, a estimé, "comme l'a souligné ce matin le président Bush dans son importante allocution", que l'Irak reste une "source majeure d'inquiétude" en ce qui concerne les armes de destruction massive. Dans son intervention, le président des Etats-Unis avait proposé aux autres pays membres de l'ONU d'oeuvrer ensemble pour résoudre la crise irakienne; le Secrétaire d'Etat Colin Powell devait d'ailleurs travailler vendredi avec les autres membres permanents du Conseil de sécurité à une résolution fixant un ultimatum aux autorités de Bagdad exigeant le retour en Irak des inspecteurs en désarmement de l'ONU. A cet égard, M. Rasmussen a affirmé que "l'Irak doit accepter le retour sans conditions et sans restrictions des inspecteurs du désarmement (...) et accorder à ces derniers la coopération requise de ses autorités". Soulignant que l'Irak viole plusieurs résolutions du Conseil de sécurité sur ces obligations en matière de désarmement, lesquelles "doivent être respectées sans délai", M. Rasmussen a déclaré que l'UE est déterminée à soutenir tous les efforts de l'ONU visant à atteindre cet objectif. "Nous pensons, comme les Etats-Unis, que cette question doit être traitée en urgence par le Conseil de sécurité", a-t-il ajouté, précisant que "si l'Irak persiste dans son attitude de défi, le Conseil de sécurité devra faire face à ses responsabilités".
Le souhait de George W. Bush de régler la question irakienne par l'intermédiaire de l'ONU a été également accueilli favorablement par la Commission à Bruxelles, où Gunnar Wiegand, le porte-parole du Commissaire Chris Patten, a estimé que le président américain "a envoyé un signal important, fort et clair" indiquant que "l'autorité des Nations unies est en jeu". M. Wiegand a également salué "l'engagement ferme des Etats-Unis à coopérer avec le Conseil de sécurité", engagement "qui facilitera l'établissement d'une approche commune entre les Etats-Unis et l'UE". Il a par ailleurs déclaré que la Commission, comme M. Rasmussen (voir EUROPE d'hier page 4), continue de considérer qu'il serait "politiquement avantageux" que toute intervention contre l'Irak repose sur une nouvelle résolution de l'ONU.