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Bulletin Quotidien Europe N° 8297
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/discriminations

Jorge Hernandez Mollar plaide pour davantage de coopération entre responsables de la justice et des affaires sociales - Anna Diamantopoulou insiste sur une collaboration étroite avec les pays candidats

Bruxelles, 13/09/2002 (Agence Europe) - Réunie à Bruxelles le 11 septembre sous la présidence de Jorge Hernandez Mollar (PPE-DE, Espagne), la commission des libertés et des droits des citoyens du PE a eu un échange de vues avec la Commissaire à l'Egalité des chances Anna Diamantopoulou sur les politiques anti-discrimination de l'UE (art.13 du Traité) et la situation dans les Etats membres à cet égard, ainsi que sur la montée de l'islamophobie et de l'antisémitisme et sur la manière de renforcer le dialogue interculturel. Des sujets qui exigent, comme l'a souligné M. Hernandez Mollar, "beaucoup de travail en commun entre la commission parlementaire des libertés et de la justice et celle des affaires sociales. Car, si on veut arriver à un haut niveau de justice, il faut le faire sur base d'une réelle égalité".

Esquissant un bilan de ce qui a été fait en matière de lutte contre les discriminations au niveau communautaire (adoption par le Conseil en 2000 de la directive condamnant les discriminations en matière d'emploi, d'éducation, de protection sociale et d'accès aux biens et services, et de celle établissant un cadre général pour l'égalité de traitement dans le domaine de l'emploi, directives dont la transposition dans le droit national doit se faire avant fin 2003), Anna Diamantopoulou a indiqué que la plupart des Etats membres ont "déjà adressé à la Commission leur projet de programme d'action sauf l'Espagne, le Portugal, le Luxembourg et la Grèce" et que "certains Etats membres -Belgique, Royaume-Uni et Irlande - ont l'intention d'aller au-delà des directives en instaurant des organismes d'égalité des chances". La Commissaire a annoncé que la Présidence danoise de l'UE organise les 14 et 15 novembre, à Copenhague, une conférence sur la mise en œuvre des directives anti-discrimination, qui se focalisera sur les discriminations à cause de l'âge, les soins particuliers des employeurs à l'égard de leur personnel souffrant d'un handicap, ou encore sur les discriminations raciales dans les milieux éducatifs. Mme Diamantopoulou a également insisté sur l'importance d'une collaboration étroite avec les pays candidats "qui doivent appliquer ces directives avant leur adhésion à l'UE", et a signalé que la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et Chypre allaient participer au programme d'action anti-discrimination de la CE dès la fin de cette année. A propos de la montée du racisme et de la xénophobie suite aux événements du 11 septembre ("une date après laquelle on a vu différents comportements politiques en Europe et aux Etats-Unis", a souligné la Commissaire), Anna Diamantopoulou a notamment mis en évidence l'immense travail fourni par l'Observatoire contre le Racisme et la Xénophobie de Vienne à travers son réseau de correspondants nationaux Raxen. "Les menaces à la coexistence pacifique entre différentes cultures découlent du manque de discussions et de l'ignorance », a-t-elle souligné, en notant que, pour faciliter une telle coexistence pacifique, la Commission européenne et l'Observatoire de Vienne organiseront en automne deux tables rondes sur "l'anti-sémitisme et l'islamophobie dans l'UE" (la première devrait se tenir fin octobre), avec la participation de leaders religieux, de politiciens et de représentants de la société civile.

En répondant à Michael Cashman (travailliste britannique) qui s'inquiétait de savoir si la Commission allait s'intéresser aux discriminations basées sur l'orientation sexuelle, Mme Diamantopoulou a estimé "logique que l'on passe à d'autres directives que celle sur l'égalité hommes/femmes, avec un calendrier qui variera selon le cas". Giuseppe Di Lello (GUE/NGL, Italie) a posé le problème de la définition du terme « antisémite » ("les Palestiniens sont des sémites; les Israéliens sont alors des antisémites?", a-t-il demandé) ainsi que des discriminations vis-à-vis des syndicats. "Je suis d'accord avec vous pour essayer d'utiliser un langage plus juste, selon lequel est antisémite celui qui est contre les Juifs et leurs centres religieux et culturels. Quant aux syndicats, l'Europe doit être fière de ses libertés syndicales et du rôle des syndicats ", lui a répondu Mme Diamantopoulou. « Chaque semaine, des Roms arrivent à Lyon en masse. Nous finirons par avoir une petite ville à côté de la grande ville! Un travail est-il engagé avec les pays candidats sur les discriminations envers les Roms?", s'est écriée Martine Roure (PSE, France). "Après l'élargissement, les Roms seront, avec 7,5 à 8 millions de personnes, la plus grande minorité nationale en Europe, avec des différences linguistiques et culturelles. Il s'agit d'un problème grave pour les pays candidats", a constaté Mme Diamantopoulou en rappelant au passage que "le programme Phare prévoit des fonds pour améliorer les conditions de vie des Roms". A Alain Krivine (GUE/NGL, France) qui posait la question de la discrimination envers les immigrés illégaux qui se retrouvent « dans un circuit infernal » ("pas de papiers, pas de travail; pas de travail, pas de papiers", a-t-il noté) et sont en fait "de nouveaux esclaves travaillant pour de véritables négriers", Anna Diamantopoulou a indiqué que "sans papiers, ces personnes violent le droit national et donc les Etats membres doivent prendre des mesures », et a espéré que la proposition du Commissaire à la Justice Antonio Vitorino dans ce domaine permettra de trouver des solutions.

 

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