Bruxelles, 13/09/2002 (Agence Europe) - En visite jeudi à Varsovie, le Commissaire Franz Fischler a appelé le gouvernement polonais à faire preuve de « réalisme et de responsabilité » dans les négociations du volet agricole de l'élargissement, car « les possibilités de compromis sont minces » au sujet aussi bien des aides directes que de la fixation des quotas et des autres instruments de gestion de l'offre. M. Fischler a rappelé dans son contexte que certains Etats membres refusent le principe de verser des paiements directs aux pays candidats et que le budget communautaire est « limité ». Il a ajouté que les différentes parties devaient tout faire pour parvenir à clôturer les négociations dans le délai prévu: « nous ne laisserons pas l'agriculture devenir la pierre d'achoppement du processus de négociations. Nous sommes résolus à respecter le calendrier fixé et nous pouvons y parvenir d'ici au Conseil de Copenhague du 12 décembre. Des progrès importants ont été accomplis, mais des efforts doivent encore être consentis ».
M. Fischler a énuméré les avantages dont pourraient tirer profit les agriculteurs polonais: outre les aides octroyées dans le cadre du développement rural et l'introduction progressive de paiements directs, toutes les organisations de marché de la politique agricole commune s'appliqueront à la Pologne dès l'adhésion. Ainsi, le système d'intervention pour les céréales s'appliquera sans délai à la Pologne et ses agriculteurs bénéficieront donc d'un prix garanti et aussi d'une plus grande stabilité sur le marché des céréales. M. Fischler a répété qu'il ne partageait pas l'avis de ceux qui affirment que la Pologne doit bénéficier de 100% d'aides directes notamment au motif que le prix institutionnel du blé est plus élevé en Pologne que dans l'Union. « Vous comprendrez qu'il serait difficile pour l'Union d'accorder une compensation pour remédier à une situation interne et artificielle », a-t-il remarqué. Le Commissaire a expliqué par ailleurs que les modifications proposées dans le cadre de la révision à mi-parcours de la PAC rejoignaient les priorités des pays candidats. Ainsi, l'octroi d'aides aux revenus dissociées de la production devrait, selon lui, aider les agriculteurs polonais à s'adapter au marché
Au sujet du programme de pré-adhésion Sapard, M. Fischler s'est félicité qu'une première avance d'environ 40 millions d'euros ait été versée sur les 171,6 millions d'euros prévus annuellement pour la Pologne. Sans faire directement référence aux problèmes qui se posent sur la « politisation » de la gestion de ces fonds, M. Fischler a déclaré qu'il incombait désormais à ce pays de gérer simplement et efficacement le programme et de garantir une absorption suffisante des fonds disponibles.
En ce qui concerne la politique commune de la pêche (PCP), M. Fischler s'est félicité de la conclusion des négociations sur la pêche en juin dernier. Il a encouragé les autorités polonaises à tirer le plus grand bénéfice des initiatives Phare pour développer et renforcer les capacités du pays à mettre pleinement en œuvre les règles de la PCP à partir du premier jour de l'adhésion à l'UE. Qui plus est, les aides au titre du programme Sapard devraient contribuer à améliorer les normes d'hygiène et de qualité des produits de la pêche polonais.