Liège, 21/09/2001 (Agence Europe) - En prenant appui sur la volonté, exprimée par le Conseil JAI, de renforcer l'arsenal sécuritaire européen suite aux événements survenus aux Etats-Unis, les ministres des finances de l'UE ont pris conscience de « l'urgence d'adopter des mesures concrètes concernant le financement du terrorisme », comme l'a affirmé Didier Reynders à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe, vendredi soir à Liège. En accord avec la Commission européenne et la banque centrale européenne (BCE), les ministres ont proposé notamment de faire avancer plusieurs dossiers sur la prévention de l'utilisation du système financier comme refuge au blanchiment d'argent, et sur la définition du "délit d'initié". Ils sont aussi convenus d'élargir les pouvoirs du Groupe d'action financière internationale (Gafi) de l'OCDE afin qu'il puisse lutter plus efficacement contre ces phénomènes. Les discussions à ce sujet devaient se poursuivre lors de la réunion, samedi, du Conseil Ecofin. Un premier rapport sur ces initiatives sera présenté lors de la réunion du Conseil conjoint Ecofin/JAI le 16 octobre.
Dans un texte intégré aux conclusions du Conseil européen, les quinze ministres de l'Economie et des Finances, le Président de la BCE et la Commission européenne se sont engagés à prendre, rapidement et de manière coordonnée des mesures consistant à: - veiller à ce qu'il y ait une adoption rapide (« dans les semaines qui viennent », selon M. Reynders) non seulement du projet de directive sur la prévention de l'utilisation du système financier à des fins de blanchiment d'argent (qui est actuellement au stade de la conciliation avec le Parlement européen qui conteste notamment certaines modalités de levée du secret professionnel des avocats), mais aussi de la décision cadre sur la mise en œuvre, dans l'UE, des mesures de gel des actifs, afin d'élargir toutes ces dispositions aux crimes liés au terrorisme ; - porter une attention particulière aux activités liées au terrorisme dans le cadre du projet de directive sur les délits d'initiés et formuler des propositions allant dans ce sens ; - renforcer les échanges d'informations entre les services de renseignement sur les questions financières dans les Etats membres, afin d'agir de manière préventive contre le terrorisme ; - appuyer le Gafi dans son travail concernant les "pays non-coopératifs" (paradis fiscaux: NdlR); - mener une action déterminée dans des enceintes internationales, comme le Comité de Bâle sur la surveillance des banques, le Comité de surveillance bancaire de la Commission, l'OCDE, le FMI, la Banque mondiale et la BERD. Les pays candidats sont invités à s'aligner sur la législation communautaire dans ces différents domaines.
« Dans ces différents thèmes, qui englobent aussi la lutte contre paradis fiscaux, vous devriez voir des progrès tangibles dans le mois qui vient », a souligné M. Reynders..