Bruxelles, 22/09/2001 (Agence Europe) - « J'ai porté au Sommet un message du Parlement qui se résume en trois mots: solidarité, fermeté et efficacité » a déclaré à la presse la présidente du Parlement européen, Nicole Fontaine après son intervention devant les chefs d'Etat et de gouvernement (voir EUROPE du 21 septembre, p.3). Pour le Parlement, a-t-elle précisé, toute riposte à laquelle s'associerait l'UE en solidarité avec les Etats-Unis devra être « réfléchie, ciblée et en concertation avec les Européens. La solidarité d'action implique la solidarité de décision ». Action "ciblée", cela signifie qu'elle « doit atteindre son but et ne pas avoir pour objet la vengeance, mais d'éradiquer le terrorisme. Comme l'a dit le président Bush, il s'agira d'une entreprise de longue haleine », a-t-elle précisé.
« Il est urgent d'éviter que les communautés musulmanes ne soient menacées », a ajouté Mme Fontaine. Jusqu'à présent, « il a y eu une grande convergence en Europe à la fois dans l'expression de la solidarité avec les Etats-Unis et sur la nécessité d'éviter tout amalgame et de faire de l'Europe un espace de sécurité et de liberté » a estimé la présidente du Parlement.
En notant les progrès fait lors du Conseil JAI de jeudi, Mme Fontaine a souligné qu'"il est nécessaire de renforcer la coopération judiciaire et donc d'accepter de mettre ensemble nos souverainetés ». Interrogée sur la responsabilité du Parlement dans le retard pris dans l'adoption de la directive sur le blanchiment d'argent, Mme Fontaine a reconnu qu'elle avait été interpellée par « un chef d'Etat » (José Maria Aznar: NdlR) sur cette question et qu'elle transmettrait le message à ceux qui sont responsables de ce dossier.
M. Verhofstadt a souligné, lors de la conférence de presse finale, que le Parlement avait aussi « des devoirs », en citant la directive sur le blanchiment et en disant que le Parlement devrait cesser de se laisser influencer "sous la pression des lobbies". EUROPE croit savoir que les choses ont bougé au PE et que le rapporteur, M. Lehne, devrait rapidement proposer un changement d'attitude de la délégation au comité de conciliation. Celui-ci serait avalisé lors d'une réunion en marge de la prochaine plénière à Strasbourg. Le Parlement renoncerait ainsi à son amendement concernant les avocats et le projet commun de directive pourrait dès lors être approuvé par le comité de conciliation.