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Bulletin Quotidien Europe N° 8031
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sport

Malgré la signature d'un accord couvrant trois projets pilotes, Mme Reding est déçue après la réunion du Conseil de fondation de l'Agence mondiale antidopage qui apparait de plus en plus comme un instrument au service d'interêts canadiens et américains

Bruxelles, 22/08/2001 (Agence Europe) - Le Conseil de fondation de l'Agence mondiale antidopage (AMA) a décidé, mardi à Talinn, d'installer son siège permanent à Montréal. Cette décision vient encore conforter la position canadienne au sein d'un organisme, qui apparaît désormais de plus en plus sous contrôle du Canada et des Etats-Unis et, aux dires d'un observateur, susceptible d'être détourné de sa mission initiale pour servir des intérêts politiques et économiques.

"Le Canada a fait de grands efforts pour la lutte contre le dopage et Montréal sera un siège prestigieux pour l'AMA", a déclaré l'actuel président canadien de l'agence, Dick Pound, en annonçant la victoire de la métropole du Québec. Montréal l'a emporté, au quatrième tour, par 17 voix contre 15 à Lausanne, siège du Comité international olympique qui accueillait aussi à titre provisoire celui de l'AMA depuis sa création en 1999. "Nous remercions la population et les autorités de Lausanne, laquelle a parfaitement rempli son rôle. Mais pour l'avenir, Montréal nous est apparue comme la meilleure solution", a ajouté M. Pound, cité par l'AFP. Ce duel a été facilité par la division de l'Union européenne qui assumait les candidatures de trois villes: Vienne, Bonn et Stokholm. Pour obtenir cette victoire à l'arrachée, les canadiens auraient notamment offert l'ouverture d'antennes régionales en Afrique du Sud et en Asie.

La Commissaire Vivianne Reding a exprimé sa déception tout en reconnaissant que les candidatures multiples avaient joué en défaveur de l'UE. "Il aurait été mieux d'avoir le siège de l'AMA en Europe", a-t-elle dit, tout en soulignant que l'Union européenne continuera de travailler avec l'AMA notamment sur la base de projets concrets. Elle a ainsi signé trois contrats avec M. Pound concernant des projets pilote financés à hauteur de 2 millions d'euros par l'Union européenne sur une période allant d'octobre 2001 à octobre 2002. Ces projets portent sur: - la création d'un passeport sanitaire de l'athlète, regroupant l'ensemble des données médicales (tension sanguine, informations sur les entraînements, blessures et résultats des contrôles antidopage, etc.); - la mise en place d'un site Internet de sensibilisation des jeunes aux conséquences du dopage et des substances employées; - la formation et la présence d'observateurs indépendants de l'AMA lors des compétitions sportives dans l'Union européenne.

Cela ne modifie en rien la position de la Commission européenne en ce qui concerne la participation de l'UE au financement du budget de l'AMA (voir aussi EUROPE du 13 juillet p.14) et la déception de Mme Reding s'explique surtout par le manque d'évolution sur le terrain de l'équilibre entre la représentation de l'UE au sein de l'agence et la contribution qui lui est demandée. Rappelons que les statuts n'octroient que 2 sièges (sur 18) à l'UE qui devrait cependant assurer l'essentiel d'une contribution financière correspondant pour l'Europe à 47,5% du budget de l'AMA (17 millions de dollars en 2002) alors que la participation réclamée à l'ensemble des pays du continent américain n'excéderait pas 29%. Dans ce contexte, Mme Reding a rappelé à M. Pound les conditions indispensables à un financement éventuel de l'AMA par la Commission européenne, mais la prochaine réunion du Conseil de fondation, qui aura lieu fin novembre, ne devrait pas permettre de les remplir même si des prévisions budgétaires plus détaillées (c'est l'une des demandes de l'UE) pourraient être présentées à cette occasion. Les autres demandes portent sur l'obtention d'au moins un siège supplémentaire et un droit de véto sur les décisions budgétaires. Ces demandes qui paraissent répondre à un minimum d'équité semblent toutefois dénuées de tout espoir, selon un observateur qui estime que "les Européens ne parviendront pas à remonter le courant" face à la stratégie mise en place par le Canada et les Etats-Unis, avec l'appui de l'Afrique du sud et de certains pays d'Asie, pour leur imposer leur volonté. Parlant d'une "situation catastrophique", il n'hésite pas à évoquer le risque d'un détournement de l'AMA au service d'intérêts financiers et politiques, voire tout simplement pour permettre de recaser des fonctionnaires ou des personnalités du monde sportif.

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