Bruxelles, 20/04/2001 (Agence Europe) - Ainsi qu'EUROPE le rappelait hier, le Commissaire européen Pascal Lamy entame samedi une visite officielle de trois jours dans la région du Golfe, pour participer au 11ème Conseil de Coopération conjoint, aux côtés de la vice-Première ministre de Suède Lena Hjelm-Walléen, et des dirigeants de l'Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Koweït, Oman et Qatar. Les représentants de la Commission et de la Présidence du Conseil de l'Union espèrent en dégager un texte consensuel sur les avancées de la coopération et ses points faibles, incluant aussi un long chapitre sur la question - jusqu'ici prudemment contournée - des droits de l'Homme et évoquant la situation en Iran, ainsi qu'en Iraq. Pour le volet bilatéral des discussions, l'accession de l'Arabie Saoudite à l'Organisation mondiale du commerce et l'éventuel lancement d'un nouveau cycle de négociations à Doha, dès l'automne prochain, seront les sujets clés que M.Lamy abordera, en tête-à-tête, avec chacun de ses homologues arabes.
EUROPE croit savoir que, tout en confirmant l'assise traditionnelle de la coopération entre l'UE et le CCG (commerce, investissement et coopération), les Européens proposeront à leurs partenaires du Golfe de confirmer leur engagement à respecter les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, même si l'échelle des valeurs n'est pas la même partout. Ils pourraient également tenter d'obtenir, dans la déclaration finale, un engagement des pays qui ne l'ont pas encore fait à ratifier différentes conventions internationales, dont celles visant la torture et la discrimination à l'encontre des femmes, et les inciter, en termes feutrés, à laisser les instances internationales compétentes vérifier ce qui se passe chez eux, en notant que ce serait bénéfique pour la coopération décentralisée entre l'UE et les pays du Golfe.
Les partenaires devraient noter par ailleurs que cette démarche, qui vise à développer le dialogue entre les entreprises, entre les établissements universitaires et dans le domaine des médias, porte ses fruits, et différents projets pilotes devraient voir le jour sous peu.
Les échanges commerciaux sont également florissants, leur valeur totale ayant progressé de 37 jusqu'à 51,5 milliards d'euros entre 1999 et 2000, ce que les partenaires ne manqueront pas de souligner, en s'engageant à intensifier les négociations sur l'accord de libre-échange dès que la Commission européenne recevra son nouveau mandat (voir EUROPE du 11 avril, p.7. ) et en notant que la proposition qu'elle a présentée à cet effet satisfait aux attentes des Pays du Golfe concernant leurs principales exportations. Ils devraient convenir qu'ils peuvent en revanche mieux faire pour favoriser l'investissement, et pour développer la coopération en matière de normes, douanes, énergie et environnement.
A l'issue du tour d'horizon qu'ils feront de l'actualité politique internationale et régionale, les partenaires pourraient intégrer, dans leur déclaration finale, un chapitre sur l'Iraq, appuyant le programme "pétrole contre nourriture" et appelant le régime de Saddam Hussein à clarifier le sort des prisonniers de guerre et personnes portées disparues depuis la guerre du Golfe et à restituer ce qui a été volé aux Koweïtiens, tout en évitant soigneusement toute formulation mettant en question l'intégrité territoriale et politique de ce pays. La déclaration commune pourrait également souligner le renforcement des relations de chaque partenaire avec l'Iran et la contribution ainsi apportée à la stabilité régionale. Il pourrait être fait mention aussi de l'absence de progrès dans les efforts visant à résoudre le conflit territorial entre ce pays et les Emirats Arabes Unis et de la nécessité de se limiter à des options pacifiques pour y parvenir.