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Bulletin Quotidien Europe N° 7838
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/ukraine

Les questions énergétiques (fermeture de Tchernobyl, perspectives du partenariat énergétique de l'UE avec la Russie) au centre des entretiens de M. Prodi à Kiev

Bruxelles, 08/11/2000 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, se rendra cette semaine en Ukraine où il aura jeudi et vendredi, à Kiev, des entretiens avec les plus hautes autorités du pays, notamment le président Koutchma et le Premier ministre Yushenko.

Des sources proches de la Commission européenne ont indiqué que le volet "énergie" des relations UE/Ukraine figurera au centre de ces rencontres, notamment la fermeture de la centrale nucléaire de Tchernobyl le 15 décembre prochain. M. Prodi va insister auprès des autorités ukrainiennes pour que cette échéance, fixée et annoncée par le gouvernement ukrainien, soit effectivement maintenue; il rappellera dans ce contexte l'aide financière "considérable" que l'UE a fournie jusqu'ici à l'Ukraine pour gérer la catastrophe humaine, environnementale et économique déclenchée par l'explosion du réacteur en 1986, que ce soit pour la construction de la couche de protection autour du site ("shelter"), pour les travaux de fermeture, pour assouplir les conséquences sociales de la catastrophe et de la fermeture ou pour la création de deux nouvelles centrales (Khmelnistky et Rovno) destinées à combler le déficit d'énergie qui résultera de l'arrêt complet et définitif de Tchernobyl. L'Ukraine va sans doute rappeler au président de la Commission qu'elle attend toujours une aide financière supplémentaire de la part des pays du G-7, avec lesquels le Memorandum of Understanding sur la fermeture de Tchernobyl avait été signé en 1995, en vue d'achever les travaux sur les deux centrales alternatives de Khmelnitski et Rovno. M. Prodi rappellera que la Commission a d'ores et déjà décidé, en principe, l'octroi d'un prêt Euratom 800 millions d'euros pour l'accomplissement des deux réacteurs en question, mais que le déblocage pratique de ce prêt (qui nécessite une simple décision de la Commission) dépendra d'une décision favorable de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (Berd) pour l'octroi d'un crédit pour les mêmes projets. La Commission argumente que son prêt Euratom doit être considéré comme faisant partie d'un paquet d'ensemble de 1,5 milliard d'euros (avec le crédit de la Berd et d'autres mesures spécifiques) et qu'il ne peut pas être débloqué séparément. Cette semaine, l'ambassadeur de l'Ukraine auprès de l'UE, Roman Sphek, a déclaré à EUROPE que son pays s'attendait à une décision favorable de la Berd encore avant le 15 décembre, date de fermeture de Tchernobyl. Si les pays du G-7 ne sont pas en mesure de respecter leurs engagements en termes d'assistance financière pour achever Khmelnistky et Rovno, l'Ukraine pourrait se voir obligée de les mettre en route dans des conditions de sécurité qui seront celles de centrales de type soviétique, et non pas celles de type occidentale, a souligné l'ambassadeur. Les sources de la Commission ont cependant estimé mardi qu'il est "très improbable" que la Berd puisse parvenir à une décision finale avant la fin de cette année. Par contre, M.Prodi devrait être en mesure d'annoncer jeudi aux autorités ukrainiennes une aide financière à court terme de l'UE pour aider l'Ukraine à faire face aux pénuries de combustibles auxquelles elle risque d'être confrontée cet hiver.

Les perspectives d'une coopération renforcée de l'UE avec la Russie dans le domaine de l'énergie (avec, comme objectif prioritaire, l'augmentation considérable des importations à long terme de gaz et de pétrole en provenance de Russie, en échange d'investissements européens et de savoir-faire technologique) seront également évoquées par M. Prodi. Kiev se préoccupe beaucoup de l'intention de la Russie de construire un nouveau gazoduc dont le trajet éviterait l'Ukraine, en passant par la Biélorussie, la Pologne et la République tchèque ou la Slovaquie, vers l'Allemagne. M. Prodi informera le gouvernement ukrainien des résultats du récent Sommet UE/Russie et expliquera que le projet de coopération renforcée avec la Russie "couvre aussi tous les autres pays de la région, y compris les pays de transit qui se trouvent sur le chemin entre la Russie et l'Union européenne", ont déclaré les sources de la Commission. "Nous voulons coopérer aussi avec les Ukrainiens, mais cette coopération implique aussi des responsabilités du côté ukrainien. Par exemple, que si on achète quelque chose, il faut le payer", ont souligné les sources de la Commission en faisant allusion aux dettes ukrainiennes à l'égard de la Russie pour des volumes considérables de gaz déviés illégalement à des fins de consommation intérieure. D'une manière générale, la Commission européenne estime que le choix stratégique des routes de transit doit être laissé aux décideurs des sociétés énergétiques privées engagées dans la production, la distribution et le transit du gaz et du pétrole. "Ils sont les mieux préparés pour traiter de ces questions-là".

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