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Bulletin Quotidien Europe N° 7838
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/elargissement

M. Prodi présente au Parlement la "stratégie ambitieuse et réaliste" visant à conclure les premières négociations avant la fin de 2002, sans citer de pays ni un calendrier pour tous

Bruxelles, 08/11/2000 (Agence Europe) - Aujourd'hui, la Commission européenne propose des mesures spécifiques visant à accélérer la mise en oeuvre de la stratégie d'Helsinki pour le prochain élargissement de l'UE, a affirmé le président de la Commission européenne Romano Prodi en présentant au Parlement européen les treize rapports réguliers de la Commission sur les efforts faits par chaque pays candidat. La Commission, a-t-il estimé, « a eu le courage de présenter une stratégie ambitieuse et réaliste », qui se fonde sur la méthode communautaire qui nous a si bien servis au cours du dernier demi-siècle et qui continuera à le faire lorsque l'Europe sera plus grande et plus puissante. Le moment est venu de donner une nouvelle impulsion aux négociations d'élargissement, et nous entendons le faire en particulier en proposant un « ambitieux tableau de route » pour les négociations, qui identifie les priorités et certaines échéances. En rappelant que, déjà dans son document stratégique de l'année dernière, la Commission européenne estimait qu'on devrait pouvoir conclure les négociations avec les pays les plus avancés d'ici la fin de 2002, M. Prodi a résumé les différentes étapes du document stratégique de la Commission (voir la nouvelle précédente).

Notre stratégie ne spécifie pas avec quels pays candidats nous pourrions conclure les négociations d'ici la fin de 2002, a tenu à préciser M. Prodi, en soulignant que la Commission réaffirme le principe de la « différenciation » et le fait que chaque candidat pourra rattraper ou dépasser les autres à n'importe quel moment. Nous ne voulons pas imposer un calendrier égal pour tous, qui se transformerait en une camisole de force pour certains pays et en un but inatteignable pour d'autres. Les pays qui auront pu conclure les négociations à la fin de 2002 pourront entrer dans l'UE dès que sera conclu le processus de ratification du Traité de Nice, a dit M. Prodi, en assurant que « nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir » afin que le Parlement européen puisse donner son avis conforme aux premiers traités d'adhésion avant les élections européennes de juin 2004, afin que ces nouveaux membres puissent y participer (là, Romano Prodi a été chaleureusement applaudi).

M. Prodi a aussi souligné la nécessité de convaincre les citoyens de l'UE et des pays candidats des avantages de l'élargissement et, en reconnaissant les « craintes » de certains, il a estimé que la rapidité et la qualité doivent être le leitmotiv des négociations, afin de répondre à ces craintes. C'est pourquoi, "notre stratégie d'information et de communication assume une importance de plus en plus grande".

M. Prodi a souligné que l'analyse contenue dans les treize rapports est « largement positive », en notant les progrès faits en particulier en ce qui concerne les critères politiques . Quant à la Turquie, le fait le plus encourageant est la « très ferme » volonté du gouvernement de faire des progrès en matière de droits de l'homme et des minorités: nous en prenons acte, mais « aux intentions doivent suivre les faits », a-t-il affirmé. Sur le plan économique, a rappelé M. Prodi, plus de 3 milliards d'euros par an sont réservés aux candidats d'Europe centrale et orientale dans le cadre de la stratégie de pré-adhésion, et cette année environ 177 millions d'euros ont été inscrits pour la Turquie.

M. Verheugen a clarifié la signification des documents

"Il n'y a pas, ou pas encore, de date fixe pour la conclusion des négociations", a précisé de son côté le commissaire Günter Verheugen. Les documents adoptés aujourd'hui, visent à décrire une voie qui permette de "concentrer, organiser les négociations pour les terminer vers la fin 2002", en évitant que les questions substantielles soient renvoyées "aux calendes". Le commissaire Verheugen a assuré aussi que les rapports par pays "ont un niveau très élevé d'objectivité, malgré les tentatives d'influences de l'extérieur".

Quant aux progrès sur le plan politique, le commissaire s'est félicité de la "stabilité des systèmes démocratiques", mais a aussi souligné les problèmes qui subsistent: corruption, commerce des femmes et des enfants, situation des orphelins roumains. Sur le plan économique, le commissaire s'est félicité de "l'amélioration des performances", tout en déplorant que le chômage dans la plupart des pays candidats demeure préoccupant. Il a souligné que l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, et, avec quelques nuances, la République tchèque et la Slovénie pourront "dans un avenir proche", remplir le deuxième critère économique de Copenhague, c'est-à-dire la capacité à faire face à la concurrence dans l'UE. Par ailleurs, la Lituanie et la Slovaquie "peuvent pour la première fois être considérées comme des économies de marché", même si elles ne remplissent pas le critère de concurrence.

A propos du partenariat d'adhésion pour la Turquie, le commissaire s'est dit certain que cette proposition donnerait lieu à beaucoup de discussions. La Turquie ne remplit pas encore les critères politiques pour l'adhésion à l'UE, mais l'octroi à la Turquie du statut de candidat a déjà fait apparaître "des premiers signes positifs". Le partenariat d'adhésion énonce "des priorités claires": suppression de la peine de mort et des tortures, élimination du rôle prépondérant des militaires, abrogation de la situation d'exception dans le Sud-Est, attribution des mêmes droits à tous les citoyens". La "situation des Kurdes doit être améliorée", a aussi déclaré le commissaire.

EUROPE rendra compte demain du débat qui a suivi ces déclarations.

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